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Du lundi 27 janvier 2014



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Sommaire

Article 1 : TANDEM FRANCO-ALLEMAND ET STRATEGIE DES SOCIAUX-DEMOCRATES

par Jean-Jacques REY

Article 2 : L'IMPUISSANCE DU PEUPLE

par Benoist MAGNAT

Article 3 : DEPENSES PUBLIQUES : DERIVE OU CHOIX LEGITIME ?

par Robert GIL (2CCR)  (envoi de Marie-Claude LEDY)

Article 4 : LE « SAUVETAGE » DE L'IRLANDE : ...89,5 milliards transférés aux banques

par Lisa MITTENDREIN, Dominique PLIHON, Andy STOREY  (Attac Autriche, France, Irlande)

Article 5 : LA PETITE BOURGEOISIE PERVERTIE A TRAHI

par Robert BIBEAU

Article 6 : NOUS AVANCONS COMME DES SOMNAMBULES VERS LA CATASTROPHE

par David SOLON ;  Interview d' Edgar MORIN  (envoi d' Alain SAGAULT)

Article 7 : LANCEURS D'ALERTE...POUR UNE DEMOCRATIE ALIMENTAIRE ?

par René CHABOY

Article 8 : CREATION D’UN DROIT D’ALERTE CITOYEN CONTRE LA POLLUTION...

par Guy CREQUIE

Article 9 : FAUDRA-T-IL ?

par Yvette VASSEUR



Article 1





drapeau français sur hampe

illustration par château attaqué par dragon

illustration avec ver acrobate sur ventilateur

illustration avec singe faisant bravo à chaque tour de minute


TANDEM FRANCO-ALLEMAND
ET
STRATEGIE DES SOCIAUX-DEMOCRATES
 
 
 
     La France est attaquée de tout côté (pas inédit), y compris à l’intérieur, par les créatures du néolibéralisme qui créent des tensions dans le monde entier. Ces créatures sont manipulées et soutenues par la maffia que sont devenus, les milieux financiers, profitant d’une dérégulation mondiale qui ne profite qu’à une infime minorité : une évidence maintenant largement reconnue.
C’est pour cela qu’à les entendre hurler dans tous les coins, ces créatures et leurs affidés, je trouvais cela plutôt rassurant. Je croyais que le gouvernement actuel en France, pour eux, n’allait pas dans le bon sens, du moins pas assez vite ; mais la pression que ces créatures exercent est telle, sans rencontrer d’épaisses résistances et de réels contre-pouvoirs, que ce même gouvernement doit adopter avec finesse (comportement élusif), une tactique de plasticité et de diversion entre les différents écueils de positions tranchées… Cela ne sera pas la première fois que les dirigeants du Parti Socialiste, contrôlant le pouvoir étatique, nous font le coup en France, mais ils masquent en fait une stratégie sous des apparences.
 
     Je doute que sur le long terme, ce gouvernement croit viable le modèle de société inspiré par le néolibéralisme : (objet de primat et primates économiques) où tout est dérégulation et recherche du profit (le plus immédiat) dans la plus stricte ignorance des besoins réels et des aspirations sociales au nom d’un utilitarisme perverti. Ceci sans parler des défis inconscients ou de sottes prétentions face aux processus naturels… Je peux me tromper dans mon pronostic, le côté bobo étant ce qu’il est pour beaucoup dans la caste politique, mais je suis résolument optimiste sur la sagacité de l’équipe en place actuellement (nonobstant leurs problèmes personnels et les effets d’annonce)…
 
     L’orientation actuelle de la politique impulsée par la tendance socio-démocrate au sein du PS Français est donc assez claire : ils jouent tactique et cherchent à gagner du temps… La France étant trop isolée en Europe et ne pesant plus assez lourd au plan international, ils misent beaucoup sur le tandem franco-allemand pour agir et influer et ils adoptent une coopération renforcée avec les USA ainsi que divers lobbies influents comme celui des Israélites (ce qui peut amener à de périlleux numéros d'équilibriste, notamment dans les relations diplomatiques...)
En définitive, je ne pense pas qu’ils remettent en cause les fondamentaux du pacte républicain et le modèle social qui a prévalu après 1945 chez nous. Mais la France n’est pas assez forte pour le défendre seule contre tous ou presque… Il faut du renfort. La résistance contre les diktats de la Finance ne peut être efficace qu’à l’échelle européenne, en se basant sur le volontarisme de ce fameux couple franco-allemand (du moins pour eux, les S-D Français, et c’est là que le bât blesse, même au PSF). Ce positionnement n’est point sot pourtant si l'on est pragmatique et non aveuglés par ses passions : militantes entre autres… C’est une recherche d’efficience (basée sur la croyance dans l’économie de marché) et si on veut inscrire des résultats dans la durée, eu égard à l'ordre établi et les rapports de force dans le monde, c’est peut-être la meilleure méthode pour le moment : avancer à petits pas… Evidemment ce n'est pas fait pour les énervés ! En tout cas nous sommes toujours dans la ligne du "moins pire" politiquement parlant (pour les gens de modeste condition)…
 
     C’est pour cette raison que la victoire électorale de Mme Merkel est un trompe-l’œil et un sujet réel d’inquiétude pour ceux qui servent les rouages du capitalisme, à savoir les lobbies des milieux d’affaires et financiers, particulièrement ceux des Anglo-saxons, comme les attaques de presse vassalisée nous le démontre en ce moment… Car Mme Merkel n’a pu obtenir la majorité absolue qui lui aurait laissé les coudées franches pour constituer un gouvernement « monobloc », entièrement acquis à ses vues de dragon de l'austérité ; sans parler de la débâcle de ses alliés du FPD (les Libéraux allemands) qui sont éjectés du Bundestag ! Ainsi elle est forcée au compromis, en l’occurrence avec le SPD (Sociaux-Démocrates allemands) pour former un gouvernement dit de « grande coalition », et de toute façon, elle devra mettre de l’eau dans son vin et se départir un peu de son inflexibilité « prussienne »,  toute grande prêtresse de la ploutocratie qu’elle est, maintenant avec du poil à gratter dans le slip !
 
     Voilà pourquoi la gent néolibérale : (les actuels et fervents supporters du capitalisme engendré par le mercantilisme) aboie plus fort qu’à l’accoutumée et monte à l’assaut bruyamment contre les lenteurs à « réformer » ou plutôt à régresser, particulièrement en France, un des poids-lourds de l’Union Européenne : d’habitude ils préfèrent des manœuvres plus feutrées... Ils sont maintenant très inquiets, ces pauvres gens, car ils sentent le tapis d'influence leur glisser sous les pieds et craignent le coup fourré contre leurs intérêts, donc des politiques moins favorables à la ploutocratie, décidées au sein des institutions européennes ; et ; le grand patronat français, comme il l’a déjà démontré à plusieurs reprises dans le passé, n’est pas le dernier à manœuvrer dans la réaction, usant de son pouvoir économique en guise de représailles : refus d’investissements, licenciements de personnel, délocalisations, évasions fiscales, déménagement de sièges sociaux, etc. Chez ces gens-là, on parle surtout d’être patriotes lorsqu’on y trouve son compte, n’est-ce pas ! Mais pour autant ils n’hésitent jamais à prendre en otage ou sacrifier le nombre nécessaire d’êtres humains à leur cause, poussant même les plus résistants à la reddition ou l’exil et même le suicide…(tout réfractaire n’étant pas héros ou bobo prêt à se transformer en Judas…)
 
     Nous verrons bien à l’usage où tout cela mènera, et si ce gouvernement n’aurait donc en tête -d'après certaines critiques- que servir le productivisme, avec croissance, compétitivité, et tous les autres gros mots de la sorte qui vont de pair, en 2014 et suite, dans le contexte d’un système économique foireux, structurant encore le monde mais par défaut… Auquel cas je prédis bien des réjouissances, avec une inévitable remise des pendules à l’heure bientôt (qui peut passer par bien des retards…) ; d’abord sous les coups de boutoir de la Mère Nature ; ensuite si les peuples ne passent pas à l’action avant cela, car je crois qu’ils sont déjà assez « réveillés »… Ainsi plus que de « réformes » (véritables emplâtres sur une jambe de bois !) il vaudrait mieux envisager et œuvrer pour un changement de paradigme de société
 
     Car maintenant qui sont autant de questions que de constantes : à quoi sert une politique dite de « l’offre » si de moins en moins de monde peut y accéder ? Dans quel but et pour combien de temps ? Que peut-elle peser dans les exigences de la Vie et peut-elle respecter notre environnement ? Est-elle compatible avec le progrès social et renforce t-elle les valeurs de civilisation ?
À ces questions, les réponses seront cruciales dans les temps à venir…
 
     Enfin, accessoirement et sur l’échiquier politique, autre effet du bon coup tactique du PS-SD Français, ils mettent vraiment sur la défensive la Droite classique (notamment avec la dernière péripétie du Pacte de responsabilité) et le véritable ennemi est désigné, il s’agit du F.N. qui surfe sur la vague de détresse populaire et capitalise les simplismes, le tout avivé par la mauvaise gouvernance européenne ; alors qu’il est clair que ses idéologues et militants n’ont pas de véritable alternative à proposer, si ce n’est de faire perdurer un capitalisme « à la française » sous couvert "d’intérêt national", avec des milices prêtes à quadriller le terrain, à la discrétion de leurs ambitions sectaires et anti-égalitaires… Drôle de retour en arrière !
 
     Incidemment, je dirai que la responsabilité première, c’est de respecter et de faire respecter les droits humains et d'éviter ainsi de provoquer des comportements irresponsables ; point final ; et ce point-là, certains pourraient le signifier très vite à la face de ceux qui les méprisent, au fur et à mesure que la pression monte dans le chaudron social…
 
 
Jean-Jacques REY
http://www.jj-pat-rey.com/INTERNET-TRIBUNE-LIBRE/index.html
 
 
Quelques informations intéressantes :
 
Une initiative se termine, un mouvement prend son envol
http://revenudebase.info/2014/01/15/fin-initiative-europeenne-mouvement/
"L’Initiative Citoyenne Européenne (ICE)1 pour le Revenu de Base Inconditionnel (RBI) a officiellement pris fin le mardi 14 janvier à 23h59, après avoir récolté  285 042 déclarations de soutien provenant de citoyens européens de 28 pays différents. Elle n’a cependant pas réussi à atteindre le million de signatures demandé par la Commission Européenne pour obtenir la reconnaissance de l’idée du revenu de base comme perspective vers une nouvelle forme de protection sociale émancipatrice."
Initiative Citoyenne Européenne pour le Revenu de Base Inconditionnel
http://basicincome2013.eu/ ; en français : http://basicincome2013.eu/fr/index.html
(voir les statistiques complètes ici) : http://basicincome2013.eu/en/statistics.htm
 
Fort de Vaujours : Pour la vérité sur la radioactivité et les pollutions
http://www.environnement77.fr/article-fort-de-vaujours-pour-la-verite-sur-la-radioactivite-et-les-pollutions-121939858.html
"À quelques kilomètres de Paris, un désastre sanitaire se prépare à l'abri des regards : la société Placoplâtre,leader français du plâtre, souhaite ouvrir une carrière de gypse sur le site radioactif du Fort de Vaujours. Des milliers de mètres cube de terres contaminées pourraient être ainsi dispersés dans la nature.
Après nos combats victorieux pour sauver la trame verte de la Dhuis de la destruction ( L'Aqueduc de la Dhuis :
http://www.dhuis.fr/ ) le collectif  "Sauvons la Dhuis" a de nouveau besoin de vous (...) afin de nous aider à empêcher ce qui pourrait devenir l'un des plus gros drames sanitaires de l'Est Parisien."
.../...
Pour aller plus loin : Le dossier
http://sauvons.dhuis.fr/post/2014/01/07/IMPORTANT-PETITION-%3A-Pour-la-v%C3%A9rit%C3%A9-sur-la-radioactivit%C3%A9-et-les-pollutions-du-Fort-de-Vaujours
 * Pour signer la pétition
http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/pr%C3%A9fectures-du-93-77-pour-la-v%C3%A9rit%C3%A9-sur-la-radioactivit%C3%A9-et-les-pollutions-du-fort-de-vaujours
 *  Un peu d'histoire : L'article ASMSN (Nature Actualités) en 2000
http://www.asmsn.org/ancien_site/Risq%20ind/Vaujours.htm
 
Edward_Snowden. Tout sur l’arsenal secret des espions de la NSA
http://www.silicon.fr/dossier-arsenal-secret-nsa-92133.html
 "Six mois de révélations incessantes. En se basant sur les documents dérobés par le lanceur d’alertes Edward Snowden, la presse mondiale a dévoilé l’ampleur des écoutes sur les communications électroniques de la NSA. Et fait entrer l’informatique mondiale, et particulièrement ses grands fournisseurs américains, dans une ère de soupçon généralisé. Silicon.fr revient sur les multiples capacités technologiques de l’agence américaine. Au fil des révélations d’Edward Snowden, le grand public, mais aussi les professionnels de la sécurité parfois surpris par l’ampleur des moyens techniques mis en œuvre, découvrent l’étendue des écoutes de la NSA américaine. Acronyme de National Security Agency, cette agence dépendant du ministère de la Défense des Etats-Unis, est chargée du renseignement électromagnétique, de la sécurité des systèmes d’information et du traitement des données. Créée après la guerre, dans la continuité des efforts menés par les alliés pour décrypter les messages radio japonais et allemands, la NSA dispose aujourd’hui d’un budget de près de 11 milliards de dollars et emploierait environ 35 000 personnes."
 
La NSA intercepte des livraisons d’ordinateurs pour y installer des logiciels espions
 http://www.zone-numerique.com/la-nsa-intercepte-des-livraisons-dordinateurs-pour-y-installer-des-logiciels-espions.html
"Selon des révélations du magazine allemand Der Spiegel, le NSA disposerait d’une équipe d’élite spécialisée en piratage chargée de mener des cyber-attaques, d’exploiter des failles de sécurité informatique et d’implanter des logiciels espions au sein de certains matériels informatiques avant leur livraison selon un process appelé « interdiction ». Ce groupe de spécialistes en piratage est l’équipe TAO pour Tailored Access Operations. Cette unité secrète a été créée en 1997 et travaille sur des opérations spéciales en infiltration informatique."
 
La NSA a transformé Internet en « une vaste plate-forme de surveillance »
http://www.pcinpact.com/news/82200-la-nsa-a-transforme-internet-en-vaste-plateforme-surveillance.htm
"De nouveaux documents d’Edward Snowden, révélés par le New York Times, Pro Publica et The Guardian, braquent les projecteurs sur un aspect bien précis du travail de la NSA : le déchiffrement des données circulant sur Internet. Un éclairage cru sur les travaux de l’agence de sécurité américaine, accumulés sur plus de vingt années, et sur la manière dont elle s’est infiltrée dans de nombreuses technologies de sécurité."
 
Le canal Mer Morte-Mer Rouge
http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14345
"L’accord sur le canal qui reliera les deux mers a été résumé au mieux par le ministre israélien de l’Eau, Silvan Shalam, qui l’a décrit avec jubilation le 9 décembre dernier, à la cérémonie de signature au quartier général de la Banque Mondiale, comme « un accord historique qui réalise … le rêve de Herzl * ».
Le canal est un triomphe stratégique de plus pour la diplomatie calculatrice d’Israël, même depuis que le canal a été réduit à environ un dixième de sa taille originale en raison de sérieuses objections économiques et environnementales soulevées par la Banque Mondiale. Le projet visionnaire des sionistes a été redoré et parrainé par la Jordanie comme étant LA solution pour sauver la Mer Morte ** et construire une usine de dessalement qui fournira à Israël et à la Jordanie respectivement une centaine de millions de m3 d’eau douce par an. Selon les environnementalistes israéliens et internationaux, c’est la politique israélienne de pompage excessif dans le Lac de Tibériade et dans les eaux du fleuve Jourdain – pour desservir les seules colonies juives – qui est la cause principale de la perte annuelle de presque 30 % de la masse de la Mer Morte ce dernier demi-siècle
."








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Article 2

Envoi par Benoist MAGNAT : http://benoist.magnat.pagesperso-orange.fr/






illustration par ordinateur envoyant courriers remplis d'argent

image d'indicateur de hausse, graphique rouge sur tableau jaune

illustration avec vautour noir en vol


  illustration avec bustes émergeant d'une assiette de potage

 

L'IMPUISSANCE DU PEUPLE
 
 
 
Dans les quartiers d‘affaires, on ne loge plus personne, mais des marchandises, et des dossiers. Des hommes et des femmes affairés sont là en prise directe avec l’argent qui apparaît ou disparaît  sur des écrans. Ils oublient presque pendant 8 à 12 heures d’affilée le monde « réel » ou plutôt un autre monde beaucoup plus vaste qui leur fait face avec sa pénurie, sa précarisation, ses bribes de nature délaissée ou au contraire très réglementée, son béton délabré dans les friches industrielles ou des zones clochardisées et ses ordures. Il y a aussi plein de gens qui traînent, qui s’agitent, qui travaillent, qui boivent et qui parlent de tout et de rien.
 
Ce gouvernement affairiste, comme les autres, veut que tous les chiffres augmentent : chiffres de croissance, de PIB, des actions ou des obligations, chiffres d’affaires et revenus gros et gras pour eux-mêmes. Président et ministres s’empiffrent de mots, dégueulent sur les « autres » (actuellement les Roms), ils mentent ou jouent la comédie dans une ronde sans fin.
 
Ils prient, supplient les multinationales et les banques de garder quelques emplois en France, leur donnent du pognon sans compter pendant qu’ils comptent pour nous au centime près et rognent sur nos services publics, sur nos remboursements de la Sécurité Sociale, sur nos revenus salariaux, allocations chômage et RSA, et enfin  sur nos retraites.
 
Pendant que tous ces marchands, ces affairistes, ces financiers et ces politicards de « gauche » et de droite nous plongent la tête sous l’eau, nous laissant juste quelques minutes pour souffler ; ils nous obligent à prendre part à cette immense gabegie, à cette mascarade et au viol de nos êtres. Ils nous reversent en compensation des salaires misérables, des immeubles pourris, une eau polluée et une alimentation remplies de toxiques, tout ça pour que nous acceptions à la fin nos malheurs, notre aliénation et notre participation au grand massacre de la nature, des animaux et de nous-mêmes dans des guerres économiques sans fin.
 
Pour en finir avec leurs réformettes centristes comme cette promesse d’un nouveau référendum d’initiative partagée qui demande 185 signatures de députés et/ou sénateurs et 4millions et demi d’électeurs, ce qui veut dire que seul l’UMP dans l’opposition ou le PS dans l’opposition pourra le mettre en route (Etat UMPS quoi !). Il nous reste à bouffer encore plus de conneries et de saloperies matérielles et mentales. On parle en boucle, on se met sur la touche, on se vulgarise, on s’enlaidit et l’on meurt.
 
Le Front national promet le grand nettoyage et la plupart des impuissants le croient.
 
Pour beaucoup, on est devenu des juges de touche (pardon mis en touche) sur le bord d’un stade de foot et on agite les petits drapeaux pour dire que là la législation n’est pas respectée, qu’ici les droits de l’homme sont bafoués, qu’ici on meurt d’ennui, que là-bas le peuple meurt sous les bombes, ou qu’il meurt de faim ou de grandes épidémies. On agite notre petit drapeau indéfiniment alors que l’arbitre (le président) ne nous voit plus depuis longtemps ou qu’il nous ignore. Le match continue avec ses stars et son business. Le peuple regarde le ballon qui roule, qui roule, alors qu’il se fait ailleurs continuellement rouler.
 
Que faire ? Ah ouais ! bonne question, même si les réponses d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’hier. Creusons-nous la tête; bon sang ! jusqu’à la cervelle et mettons nos neurones en liaison avec tous les autres et cherchons, cherchons que diable et rapidement, car l’enfer est ici et maintenant.
 
 
Benoist MAGNAT
 
 
Pour développer son info :
 
Le consumérisme vert : une nouvelle vulgate médiatique
http://www.acrimed.org/article4233.html
"À mesure qu’elle s’est intégrée au paysage politique, l’écologie est devenue un produit médiatique comme un autre. Ainsi son caractère initialement subversif a lui-même été subverti par des grands médias bien peu enclins à informer sérieusement sur les mobilisations contre la destruction de la planète, mais voulant s’attirer une nouvelle clientèle d’individus soucieux d’environnement et de qualité de la vie. À la critique radicale du productivisme, de l’idéologie consumériste et de la marchandisation des esprits, la vulgate médiatique a donc progressivement opposé et substitué l’injonction dépolitisante à consommer « bio » ou « vert », et un appel moralisant à « respecter l’environnement »."
 
Sur le front grec, une couronne d’épines
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=11072
"Cette année, les rois mages apportèrent aux Grecs la présidence du Conseil de l’Union européenne. Or, le corps de la société grecque était déjà crucifié. Il faisait bien Vendredi saint cette nuit de la Saint-Sylvestre. .../...
Mais ce n’est pas tout. Le sentiment général qui prévaut à Athènes, ces jours saints de l’europrésidence, va bien au-
delà de l’indifférence. La couronne d’épines, que les consuls de Bruxelles ont posée sur le front grec en guise de brimade, est bien perçue comme ce qu’elle est vraiment : un titre purement symbolique, que les détenteurs du vrai pouvoir s’amusent à «céder» volontiers au nom de quelque équité coutumière, afin justement de souligner son caractère exclusivement symbolique. Le vrai pouvoir est comme la liberté : il ne se cède pas. Il faut aller le chercher avec les dents."
 
OMC : un accord au profit des multinationales et des plus riches !
http://france.attac.org/drupal/articles/omc-un-accord-au-profit-des-multinationales-et-des-plus-riches
"Tous les commentateurs saluent un accord historique qui aurait sauvé l'OMC et le multilatéralisme, tout en facilitant le commerce mondial au bénéfice des populations. A y regarder de plus près,le paquet de Bali va profiter aux multinationales, les pays pauvres devant se contenter de quelques promesses. Décryptage."
Voir aussi : OMC à Bali. Un accord dont les multinationales sont les grandes gagnantes
http://www.pressenza.com/fr/2013/12/omc-un-accord-dont-les-multinationales-sont-les-grandes-gagnantes/
"La 9ème Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), poursuivie jusqu’au samedi 7 décembre, a finalement validé une série d’accords, dit paquet de Bali, au détriment des pays en développement, des populations pauvres et de ceux qui souffrent de la faim. .../... Salué comme une victoire par l’OMC permettant de débloquer l’impasse dans laquelle se trouvaient les négociations, le paquet de Bali offre un accord juridiquement contraignant sur la facilitation des échanges qui est coûteux à mettre en œuvre pour « les pays en développement » et qui assure un accès plus facile aux entreprises multinationales."
 
Rencontre méditerranéenne contre la dictature de la dette pour la souveraineté populaire
 http://fsm2013.wordpress.com/2013/03/26/rencontre-mediterraneenne-contre-la-dictature-de-la-dette-pour-la-souverainete-populaire/
"A l’initiative de RAID Tunisie et de certains partis membres du Front Populaire, une rencontre  internationale s’est tenue les 23 et 24 mars 2013 (week-end précédent le FSM à Tunis). Elle a réuni des délégations de différents pays du Bassin méditerranéen .../... Nous avons pu mesurer, grâce aux témoignages de nombreux pays  : Tunisie, Egypte, Algérie, Maroc, Liban, Palestine, Syrie mais aussi Grèce, Espagne et Portugal, à quel point les gouvernements de ces pays s’alignent sur les recommandations des institutions financières internationales en imposant des politiques d’austérité qui ont des conséquences extrêmement graves pour les populations. Les pouvoirs qui ont succédé aux dictatures renversées ont poursuivi les recettes néolibérales avec pour conséquences l’aggravation de l’endettement, l’incapacité à réduire les inégalités et à développer des programmes sociaux et économiques en réponse aux aspirations populaires qui se sont exprimées lors des révolutions."








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Article 3

Envoi de Marie-Claude LEDY : http://humeursdemarisse.blogspot.com/






illustration par carte vitale d'assuré social, couleur verte

image de vieillard en veste rouge sur banc, caressant son chien noir


DEPENSES PUBLIQUES
:
 DERIVE OU CHOIX LEGITIME

? ...

par Robert Gil
 
 
 
Source : http://humeursdemarisse.blogspot.fr/2013/12/depenses-publiques-derive-ou-choix.html
Page d'origine : http://2ccr.wordpress.com/2013/12/12/depenses-publiques-derive-ou-choix-legitime/#more-5560
par : http://2ccr.wordpress.com/2013/12/ -(bas de page)
 
Etat, collectivités locales et autres administrations publiques françaises dépensent chaque année l’équivalent de 56 % du produit intérieur brut (PIB), selon les données 2011 d’Eurostat. Un chiffre qui classe notre pays au deuxième rang de l’Union Européenne, derrière le Danemark (57,6 %), et 6,5 points de PIB au-dessus de la moyenne de la zone euro (49,5 %).
 
Mais que veulent vraiment dire ces chiffres ? Ils ne sont pas le signe que nos services publics coûtent plus cher qu’ailleurs, mais que, pour l’essentiel, notre pays a opté pour une réponse collective et moins inégalitaire aux besoins sociaux, quand d’autres laissent faire le marché.
 
 Ce qui détermine le niveau de vie d’un contribuable européen est ce qu’il va débourser pour tel ou tel service, et pas simplement son revenu après impôts. En effet, si vous êtes imposés, c’est aussi pour bénéficier de services ou de prestations. Ce qu’une famille anglaise verse en moins à la collectivité par le biais des impôts, elle le paie bien souvent par d’autres canaux, pour la retraite ou l’école des enfants,  car elle passe par un système marchand  privé. Si la France dépense plus, c’est parce que la protection sociale est davantage qu’ailleurs prise en charge par des organisations non marchandes. À cela, il faut ajouter le fait que les dépenses de protection sociale ont un caractère particulier : elles ne constituent qu’une forme de redistribution directe de la richesse. La charge publique est en l’occurrence une recette des ménages : allocations de chômage, logement, familiales, minima sociaux, pensions de retraite, ... etc.

Ce n’est donc pas le « train de vie » de l’Etat qui fait la différence. Dans l’esprit général, la « dépense publique » est
celle de l’Etat : or, ses dépenses (22,4 % du PIB) sont inférieures à la moyenne de la zone euro (22,6 %), inférieures par exemple à celles du Royaume-Uni (44,8 %, qui n’incluent pas la protection sociale) ou au Danemark (42,3 %).
L’
écart constaté vient donc principalement des dépenses de protection sociale, alors que le plus souvent c’est l’Etat qui est pointé du doigt.

La France consacre 23,9 % de sa richesse à la protection sociale : cela représente 480 milliards d’euros, l’équivalent
de huit fois le budget de l’Education Nationale. La France dépense plus dans un seul domaine : les retraites. Elles représentaient 13,5 % du PIB, contre 8 à 11 % dans la plupart des autres pays en 2011. Nous n’irons pas beaucoup plus loin, car il est bien difficile de dire ce qui détermine cet écart. La France est l’un des pays où les cohortes de nouveaux retraités pèsent le plus lourd du fait d’un double facteur : l’ampleur et la durée inégalées du baby-boom dans l’Hexagone, ainsi que la progression du taux d’activité féminin. En outre, notre espérance de vie est parmi les plus élevées.

Mais attention, si l’on ne prend en compte que les systèmes de retraites obligatoires, le taux de remplacement est
plutôt élevé en France : 60 %, contre 54 % en Allemagne et 37 % au Royaume-Uni, selon les données de l’OCDE. Mais si l’on intègre les systèmes volontaires, alors la France est en retard. Ce qu’un salarié français paie en plus en cotisations, il le verse en moins en épargne retraite. Une situation qui a le double avantage d’être plus égalitaire et moins risquée.

Les performances sociales de l’Hexagone suggèrent que ses services publics ne sont pas aussi inefficaces qu’on
voudrait le faire croire. Le système de santé n’est pas tout à fait étranger à l’espérance de vie des femmes françaises, qui est l’une des plus élevées de la planète. La pauvreté – en particulier celle des personnes âgées – est en France parmi les plus faibles au monde, notamment parce que notre système protège les plus démunis (personnes âgées, familles monoparentales, familles nombreuses…).

Enfin, si la qualité des services publics était si mauvaise, comment expliquer l’attachement de la population au modèle
social en vigueur ? Année après année depuis dix ans, le baromètre de l’opinion des Français sur la santé et la protection sociale, réalisé par le ministère des Affaires sociales, indique que plus de la moitié de la population (53 % en 2012) estime que l’Etat n’intervient pas assez sur le plan économique et social, contre 20 % qui pensent l’inverse. Plus directement, 64 % jugent normale la part du revenu national consacré au financement de la protection sociale, contre 17 % qui le jugent excessif et 16 % insuffisant. Plus de 92 % des Français estiment que les systèmes de retraite ou d’assurance maladie doivent rester publics.

Au fond, la question qui se pose, est celle de la capacité de notre modèle social à répondre aux besoins avec des outils
de qualité et à évoluer en fonction de ces besoins. C’est là-dessus que devrait porter le débat de fond sur les dépenses. Sans être miraculeuses, des économies sont possibles, a rappelé la Cour des comptes dans son rapport publié en 2013. On pourrait supprimer les organismes consultatifs inutiles et revoir les compétences qui font doublon au niveau local, ou  réviser des contrats de commandes publiques très lucratifs pour le privé. On pourrait aussi, par exemple, supprimer bon nombre de niches fiscales (autant de dépenses non présentées comme telles) ou lutter davantage contre la fraude fiscale.

Sauf à attendre une reprise miracle et durable de la croissance, c’est la seule manière de dégager de nouvelles
marges pour répondre aux besoins sociaux : créer davantage de places en crèche, construire des logements sociaux, investir dans l’éducation, accueillir dignement les personnes âgées dépendantes, etc. Autant de domaines où l’intérêt de dépenses supplémentaires est reconnu au-delà des clivages politiques. Mais soyons conscients que, si c’est le marché qui répond aux besoins, les moins favorisés seront pénalisés.
 
 
Conscience Citoyenne Responsable
Robert GIL
http://2ccr.wordpress.com/
 
 
Source de l'article (très bien documenté) :
 
Observatoire des inégalités territoriales : http://www.inegalites.fr/ 
Dépenses publiques : des comparaisons piégées 
 http://www.inegalites.fr/spip.php?page=analyse&id_article=1835&id_groupe=12&id_rubrique=28&id_mot=43
 
 
Pour développer son info :
 
Un scandale français
 http://www.rtbf.be/info/chroniques/detail_un-scandale-francais-paul-krugman?id=8178806&chroniqueurId=5032403
"Je n’ai pas prêté beaucoup d'attention à François Hollande, le président français, puisque clairement, il n’allait pas vraiment se démarquer de l’orthodoxie politique d’austérité destructrice européenne. Mais aujourd’hui, il a fait quelque chose de réellement scandaleux. Bien entendu, je ne parle pas de sa prétendue liaison avec une actrice, ce qui, même si c’est vrai, n’est à la fois ni surprenant (eh oui, on est en France) ni dérangeant. Non, ce qui est choquant c’est sa façon d’accueillir favorablement les doctrines de droite qui ont été discréditées. Cela nous rappelle que tous les maux actuels de l’économie européenne ne peuvent être attribués entièrement aux mauvaises idées de la droite. Oui, des conservateurs impitoyables et butés ont mené l’économie, mais ils ont été en mesure de le faire grâce à des politiques de la gauche modérée manquant de cran et de volonté."
 
L’économie de l’offre, ou l’arnaque des apprentis sorciers du libéralisme
 http://gaetanpelletier.wordpress.com/2013/11/11/leconomie-de-loffre-ou-larnaque-des-apprentis-sorciers-du-liberalisme/
"J’avais un peu laissé tomber l’économie, lassée de répéter les mêmes choses depuis 2007. Mais, j’y reviens brièvement, en réponse à une question : pourquoi tous les pays dits « développés » se trouvent-ils face à un appauvrissement de leurs populations ? Hormis, bien sûr, les quelques milliardaires dont le patrimoine ne fait qu’augmenter ? Eh bien il semble que ce soit parce que les efforts coordonnés de nos dirigeants ont permis d’appliquer la politique de Reagan : appauvrir l’Etat pour réduire les dépenses sociales, tout en enrichissant les riches. .../... En 2013, l’Irlande a donc payé pour les banques, et ensuite il a fallu une cure d’austérité sanglante pour éponger cette dette. En deux ans, la dette des banques a été transférée au pays, payable par les contribuables. Pas par les riches, évidemment, et encore moins par les multinationales. Du coup, il a fallu emprunter auprès du FMI et de l’Europe, qui ont enfoncé le clou sur les politiques drastiques. Pourquoi ces politiques sont-elles toujours l’alpha et l’oméga des politiciens, alors que même des « économistes » du FMI ont reconnu que c’était n’importe quoi pour la Grèce (au moins) et que le FMI avait fait une « erreur de calcul » au sujet de l’austérité et de ses bienfaits".








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Article 4

Envoi par Attac France : http://www.france.attac.org/






drapeau irlandais sur hampe

illustration avec naufragé sur radeau, gesticulant avec linge blanc

illustration par main s'activant sur calculatrice

illustration avec individu se faisant aspirer


Une étude inédite d'Attac :
 
LE « SAUVETAGE » DE L'IRLANDE
 :
67,5 € milliards de prêts, 89,5 milliards transférés aux banques
 
 
 
Le 15 Décembre 2013, l'Irlande est devenue le premier pays à sortir d'un programme de «sauvetage» de la Troïka - Commission européenne, Banque centrale européenne (BCE) et FMI. Au moment où les élites politiques européennes sablent le champagne en l'honneur du « succès » irlandais, Attac publie une étude inédite à partir de chiffres officiels jusqu'ici dispersés. Alors que l'Irlande a reçu 67,5 milliards € de prêts pour son renflouement depuis la fin de 2010, le pays a transféré un montant total de 89,5 milliards € à son secteur financier au cours de la même période. 55,8 de ces milliards sont tombés dans les poches des banques créancières, toutes étrangères et certaines françaises. L'étude confirme que la situation économique et sociale de l'Irlande demeure désastreuse : ces milliards n'ont en rien profité aux Irlandais, broyés par la politique d'austérité infligée à leur pays pour payer ces dettes illégitimes.
 

L'étude publiée aujourd'hui par le réseau des Attac d'Europe a été coordonnée par Attac Autriche et Attac Irlande.
Les résultats en détail  (voir aussi www.attac.at/uploads/media/backgroundmaterial_ireland_english.pdf ) :
 
- 18,1 milliards € ont été utilisés pour recapitaliser directement les banques irlandaises.
 
- 55,8 milliards € sont allés aux créanciers de l'Etat irlandais. 37,5 milliards € ont servi à rembourser des obligations gouvernementales à échéance et 18,3 milliards €  pour payer les intérêts sur les obligations en circulation.
 
      - 1,6 milliards € ont été dépensés par la National Asset Management Agency (NAMA ), une structure de défaisance garantie par l'Etat , pour acheter les mauvais actifs immobiliers détenus par les banques irlandaises.
 
      - 14 milliards € ont été utilisés jusqu'à présent pour la liquidation de la Compagnie de liquidation des banques irlandaises (IBCR), la fusion de deux banques nationalisées en faillite. 12,9 milliards entre eux ont été utilisés par l'AMNA pour acheter le reste des actifs de l'IBCR. Un autre 1,1 milliard a été versé aux créanciers de la banque à la suite d' une garantie du gouvernement .
 
      " Au cours de son soi-disant sauvetage, l'Irlande a mis plus d'argent dans le secteur financier qu'elle n'a reçu de prêts pour son renflouement ", conclut, Dominique Plihon d'Attac France, " la population irlandaise s'est lourdement endettée pour sauver le secteur bancaire européen ".
 

La Troïka aggrave les erreurs du gouvernement irlandais
 
Dans la période qui a précédé le programme de renflouement , la population irlandaise a été écrasée par ce qui est de loin le plus grand programme de renflouement des banques de la zone euro. Entre 2008 et 2010 , 76,5 milliards € de fonds publics ont été transférés directement ou indirectement à des institutions financières irlandaises (1) . " Le gouvernement irlandais a poursuivi une politique de renflouement des banques à durée indéterminée - et la Troïka a encore aggravé ce cours ", critique, Lisa Mittendrein, d'Attac Autriche.
 
La BCE a contraint l'Irlande à rembourser les hedge funds
 
L'influence de la Troïka est également visible dans les détails de la politique de gestion de la crise irlandaise : les banques irlandaises nationalisées doivent rembourser tous ses créanciers , même ceux qui ne sont pas couverts par la garantie de l'État. Une expertise commandée par le Parlement européen montre que la BCE a forcé le gouvernement irlandais à prendre cette mesure en menaçant de suspendre le financement d'urgence des banques irlandaises . Et cela bien que le remboursement intégral des obligations non garanties ne fasse pas partie du mémorandum de sauvetage, et malgré la demande du FMI que ces créanciers subissent des pertes (« haircut »). Ce faisant, la BCE a protégé les investisseurs les plus spéculatifs tels les hedge funds. Ils avaient prêté de l'argent aux banques irlandaises à des taux élevés quand il était déjà clair que celles-ci étaient sur le point de s'effondrer ou d'être secourues par l'État (2) . Le rapport conclut que la BCE a sans doute outrepassé son mandat et recommande de ne pas l'inclure dans de futures Troïkas (3) . " Par le chantage et la coercition, la BCE s'est assurée qu'au bout de cinq ans de renflouement des banques, les spéculateurs auront perçu 6 Md € de fonds publics " , selon Plihon (4) .
 
Le Who's Who  des profiteurs
 
L'identité des détenteurs d'obligations non garanties est tenue secrète par les élites politiques. L'ex- courtier et blogueur Paul Staines a divulgué une liste incomplète des créanciers d'Anglo Irish, la plus grande banque irlandaise en faillite. Elle comprend de grandes institutions financières internationales telles que Allianz, Barclays, Crédit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC et Société Générale (5) . En Octobre 2013, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a ainsi commenté la situation irlandaise : " l'Irlande a fait ce qu'elle avait à faire ... et maintenant tout va bien " (6) . Lisa Mittendrein fustige cette attitude : « Les seuls qui vont très bien sont les élites financières européennes. C'est le gratin du secteur bancaire qui a été sauvé, pas le peuple irlandais. L'Irlande est tout sauf une success story ».
 
Le pillage du Fonds national des retraites
 
La population irlandaise paye les sauvetages répétés du secteur financier par une austérité brutale. L'Irlande a co- financé son «sauvetage» par 17,5 milliards €, dont 10 milliards € dont ont été pris à au NPRF, le fonds de pension public,  mis en place au départ pour garantir les retraites irlandaises à l'avenir. L'argent du fonds a été utilisé pour la recapitalisation directe des banques (7) . À la fin de 2013, le gouvernement a décidé de transformer entièrement le NPRF en un fonds d'investissement, la protection des pensions futures n'étant « plus une priorité » (8) . En outre, la population a été durement touchée par six années de mesures d'austérité  : la TVA a été augmenté à 23%, les allocations familiales ont été baissées , les allocations de chômage pour les jeunes divisées par  deux (9) et les frais de scolarité ont triplé : à 2500 euros (10). Au total, la facture sociale s'élève à plus de 28 milliards € depuis 2008 pour l'Irlande (11) .
 
Le taux d'émigration le plus élevé dans l'UE
 
Les conséquences sociales de l'austérité sont désastreuses : près d'un tiers de la population est en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale (12) , une personne sur dix souffre de la faim (13) . Bien que le revenu disponible du décile le plus pauvre de la population ait chuté de 26%, le revenu du décile supérieur a augmenté de 8% , ce qui montre bien les choix sociaux faits par la politique de gestion de crise (14) . Parmi les 18 - 24 ans, une personne sur deux envisage de quitter le pays , tandis que 300 000 personnes ont déjà émigré dans les quatre dernières années (15) . En 2012 , l'Irlande a connu le plus fort taux d'émigration nette dans toute l'UE. Seulement six ans avant, elle avait le plus haut d'immigration nette du continent (16) .
 
La dette publique continue d'augmenter
 
Contrairement à la fable du brillant redressement irlandais, l'économie irlandaise est loin d'avoir récupéré : le PIB d'aujourd'hui est de 12,6% inférieur à celui d'avant la crise (17) . Le taux de chômage, actuellement à 13 %, est encore deux fois plus élevé que lors de la période pré-crise. Parmi les jeunes, 27% sont sans emploi (18) . Le secteur bancaire est loin de remplir sa tâche principale, l'alimentation de l'économie réelle avec un crédit abordable : la moitié des demandes de crédit des petites et moyennes entreprises au dernier trimestre ont été rejetées par les banques (19) . La dette nationale, qui avait explosé de 25 à 91% du PIB, entre 2007 et 2010, à la suite des sauvetages bancaires (20) , s'est encore accrue sous le contrôle de la Troïka et a atteint 124% en 2013 selon les prévisions actuelles (21) .
 
La dette illégitime au cœur de la crise
 
« Nos résultats montrent que l'objectif principal de la politique de gestion de crise menée par les élites politiques est de sauver le secteur financier européen et les fortunes sous-jacentes des plus riches », conclut Mittendrein : « pour atteindre cet objectif , ils sacrifient la prospérité de toute la société et acceptent d'énormes taux de chômage, la pauvreté et la misère ». Après que 670 milliards €  d'aide directe de l'État ont été donnés aux banques européennes depuis 2008 (22) , d'autres centaines de milliards sont actuellement canalisées vers le secteur financier par des pays comme l'Irlande ou la Grèce. Le fait que ce n'est pas le peuple ou l'État irlandais qui a été sauvé, mais les élites financières européennes , est confirmé par Andy Storey, sociologue et économiste à l'University College de Dublin et militant d'Attac Irlande : « l'argent que les contribuables européens ont prêté à l'Irlande a été en grande partie détourné vers le remboursement de la dette privée, socialisée, dont les citoyens ordinaires - en Irlande ou ailleurs en Europe - n'auraient jamais dû avoir la charge. La dette illégitime est au cœur de cette crise " .
 
Un changement radical de politique est urgent
 
Un changement de cap radical est urgent dans la politique de gestion de la crise européenne. « Nos gouvernements doivent cesser de dépenser d'énormes sommes d' argent public pour sauver un secteur financier sans scrupules », demande Mittendrein. Au contraire, une réglementation stricte est nécessaire : les banques jugées « trop importantes pour faire faillite » doivent être démantelées de sorte qu'elles ne puissent plus mettre en danger des sociétés entières. A moyen terme , le secteur bancaire doit se limiter à sa tâche essentielle : la gestion des dépôts et des prêts , sans servir des intérêts privés mais le bien-être public. Il faut stopper ces politiques d'austérité, qui visent à détruire les systèmes de protection sociale et de soins de santé et qui menacent de la pauvreté des centaines de millions de personnes en Irlande et en Europe. Elles doivent laisser la place à des programmes d'investissement public et à une coordination européenne des politiques fiscales et économiques dans l'intérêt de la population. Par le biais de l'allègement de la dette et d'un impôt sur la fortune coordonné à l'échelle internationale, les créanciers et les riches doivent prendre le fardeau de la crise.  
« La taxe européenne sur les transactions financières doit être rapidement adoptée en suivant le projet de la Commission européenne amendé par le récent accord CDU-SPD : le gouvernement français doit renoncer à en affaiblir la portée. Le coût de la crise doit être payé par ceux qui en sont responsables », souligne Dominique Plihon.
 
Non au " pacte de compétitivité "
 
Aujourd'hui il faut éviter une nouvelle aggravation de ces politiques. Klaus Regling, directeur général du FESF et du MES, les fonds de renflouement de la zone euro, a qualifié la fin du programme d'aide à l'Irlande d' « énorme succès pour l'Irlande et la zone euro dans son ensemble »,  prouvant la réussite de la politique de gestion de la crise (23) .
Les élites politiques envisagent actuellement d'adopter un « pacte de compétitivité » qui étendrait le modèle irlandais à l'ensemble de l'UE : tous les États devraient s'engager à des mesures néolibérales telles que la réduction des protections du travail , la baisse des salaires, des privatisations... Leur mise en œuvre serait  garantie par des contrats entre les États et la Commission européenne, qui les surveillerait et ferait adopter des primes ou des pénalités. " Le pacte de compétitivité signifierait « troïka pour tout le monde » , conclut Lisa Mittendrein ". Son adoption a été repoussée de décembre 2013 à juin 2014 ; mais nous devons stopper définitivement ce pacte d'appauvrissement, pour initier un virage à 108° dans la politique de gestion de crise européenne " .
 

Dominique PLIHON, Attac France, 06 82 22 27 11
 
Lisa MITTENDREIN, Attac Autriche
+43 664 21 21 680
lisa.mittendrein(at)attac.at
 
Andy STOREY, Attac Irland, University College Dublin
+ 353 8765 43 872
andy.storey(at)ucd.ie
 

Notes :
 
(1) Une liste complète et une évaluation du sauvetage des banques irlandaises est en ligne à
www.attac.at/bailout-ireland
 
(2) Karl Whelan (2012): The ECB’s Role in Financial Assistance Programmes,
http://www.karlwhelan.com/EU-Dialogue/Whelan_June2012.pdf ; p. 9.
 
(3) Ibd., p. 14.
 
(4) Central Bank of Ireland (2011): Clarification – Senior Debt and Subordinated Debt Issuance
by Irish Credit Institutions, 1 April 2011,
http://www.centralbank.ie/press-area/press-releases/Pages/Clarification-SeniorDebtandSubordinatedDebtIssuance.aspx
 
(5) Guido Fawkes’ Blog (2010): Anglo-Irish Bondholders Should Take the Losses, 15 October 2010,
http://order-order.com/2010/10/15/anglo-irish-bondholders-should-take-the-lossesis-the-ecb-forcing-ireland-to-protect-german-investments
 
(6) The Irish Times (2013): Schäuble pours cold water over idea of ESM relief for Ireland, 16 October 2013,
http://www.irishtimes.com/business/sectors/financial-services/sch%C3%A4uble-pours-cold-water-over-idea-of-esm-relief-for-ireland-1.1561748
 
(7) European Commission (2011): The Economic Adjustment Programme for Ireland,
http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2011/pdf/ocp76_en.pdf ; p. 39.
 
(8) NPRF (2013): Ireland Strategic Investment Fund, http://www.nprf.ie/ISIF/IrishStrategicInvestmentFund.htm
 
(9) Oxfam (2013): The true cost of austerity and inequality. Ireland case study,
http://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/cs-true-cost-austerity-inequality-iceland-120913-en.pdf ; p. 23
 
(10) Channel 4 (2013): Irish Students take to the streets to protest against cuts, 1 October 2013,
http://www.channel4.com/news/irish-student-protest-demo-cuts-austerity-ireland
 
(11) The Economist (2013): Ireland: The eight austerity budget, 19 October 2013,
http://www.economist.com/news/europe/21588110-government-end-economic-emergency-sight-eighth-austerity-budget
 
(12) Eurostat (2013): People at risk of poverty or social exclusion by age and sex,
http://epp.eurostat.ec.europa.eu
 
(13) Mandate/Unite (2013) : Hungry for Action. Mapping Food Poverty in Ireland,
http://unitetheunionireland.files.wordpress.com/2013/12/hungry-for-action1.pdf ; p. 2.
 
(14) Central Statistics Office (2012): Survey on Income and Living Conditions (SILC) 2010,
http://www.cso.ie/en/media/csoie/releasespublications/documents/silc/2010/silc_2010.pdf ; p. 11.
 
(15) BBC (2013): 300.000 Irish people emigrate in four years, 9 May 2013,
http://www.bbc.co.uk/news/uk-northern-ireland-22461030
 
(16) The Irish Times (2013) : Ireland has highest net emigration level in Europe, 21 November 2013,
http://www.bbc.co.uk/news/uk-northern-ireland-22461030

(17) Eurostat (2013) : GDP and main components – Current prices,
http://epp.eurostat.ec.europa.eu
 
(18) Eurostat (2013) : Unemployment rate by sex and age groups - quarterly average,
http://epp.eurostat.ec.europa.eu
 
(19) The Irish Times (2013): Small firms ‚denied bank credit’, 2 December 2013,
http://www.irishtimes.com/business/small-firms-denied-bank-credit-1.1614285
 
(20) Eurostat (2013) : Government deficit/surplus, debt and associated data, http://epp.eurostat.ec.europa.eu
 
(21) European Commission (2013) : Autumn forecast 2013, November 2013,
http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/european_economy/2013/ee7_en.htm ; p. 59.
 
(22) Der Standard (2013) : Bankenrettungen kosteten EU-Staaten 670 Milliarden, 22 April 2013,
http://derstandard.at/1363708829426/Bankenrettungen-kosteten-EU-670-Milliarden-Euro
 
(23) EFSF (2013): EFSF financial assistance for Ireland ends with successful Irish exit, 8 December 2013,
http://www.efsf.europa.eu/mediacentre/news/2013/efsf-financial-assistance-for-ireland-ends-with-successful-irish-exit.htm
 

Sources de l'étude :
 

- 1) EFSF (2013): Frequently Asked Questions,
http://www.efsf.europa.eu/attachments/EFSF%20FAQ%202013-07-16.pdf(.)
.
- 2) European Commission (2013): Economic Adjustment Programme for Ireland, Autumn 2013 Review,
http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2013/op167_en.htm, p. 39.
 
- 3) National Pensions Reserve Fund Commission (2013) : Annual Report and Financial Statements 2012,
 
http://www.nprf.ie/Publications/2013/AnnualReport2012.pdf, p. 30.
- 4) NTMA (2013): Annual Report 2012, 
http://www.ntma.ie/download/publications/NTMAAR2012webEN.pdf, p. 31.
 
- 5) Eurostat (2009) Letter to the Irish Statistical Office, 19 October 2009,
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/government_finance_statistics/documents/Irish_le
tter_19_10_2009.pdf(.)
 
- 6) NAMA (2013) : NAMA Bonds, http://www.nama.ie/about-us/how-we-fund-our-work/(.)
 
- 7)  Standard & Poors (2010) : Explaining Standard & Poor's Adjustments To Ireland's Public Debt Data,
http://www.standardandpoors.com/ratings/articles/en/eu/?assetID=1245228020314(.)
.
- 8) NAMA (2013): IBRC,
http://www.nama.ie/about-us/ibrc/(.)
 
- 9) International Monetary Fund (2013) : Ireland. Ninth review under the extended arrangement. Ireland Country 
Report 13/93, http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2013/cr1393.pdf, p. 5.
 
- 10) Eurostat (2013): Quarterly non-financial accounts for general government, 19 December 2013,
http://epp.eurostat.ec.europa.eu(.)
 
- 11) European Commission (2013) : Economic Adjustment Programme for Ireland – Autumn 2013 Review,
 
http://ec.europa.eu/economy_finance/publications/occasional_paper/2013/op167_en.htm, p. 66.
 
- 12) NTMA (2011): Annual Report 2010, 
http://www.ntma.ie/download/publications/NTMA_Annual_Report_2010_English.pdf, p. 19.
 
- 13) Department of Finance (2010): Technical Note on Accounting Treatment of Promissory Notes, 4 November 2010,
http://www.finance.gov.ie/documents/publications/reports/2010/noteprommissory2010.pdf(.)
 
- 14) Department of Finance (2013): Irish Stability Programme April 2013 Update,
http://www.finance.gov.ie/documents/publications/reports/2013/spufin2013.pdf, p. 20.
 
- 15) NTMA (2011): Annual Report 2010,
http://www.ntma.ie/download/publications/NTMA_Annual_Report_2010_English.pdf, p. 29.
 
 
Pour compléter son info :
 
Éric Toussaint : « Renversons la vapeur aujourd’hui ! »
http://cadtm.org/Eric-Toussaint-Renversons-la
"Entretien avec Anastasie Yamali, journaliste à Avghi, quotidien de Syriza, publié le 7 octobre 2012.
« La dette constitue un prétexte pour renforcer l’offensive du Capital contre le peuple. Ils veulent profiter de la crise pour terminer le travail commencé par Thatcher et Reagan, il y a 30 ans’. Il faut mettre en place un mouvement de masse au Sud, qui, avec les travailleurs du Nord permettra de repousser les attaques capitalistes, souligne Eric Toussaint lors d’une interview au quotidien de gauche `Avghi`. Le professeur belge de science politique, particulièrement populaire en Grèce de par ses actions pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde, conseiller du gouvernement de l’Équateur, explique pourquoi la gauche doit rester radicale et pourquoi la réduction de la dette grecque doit être inconditionnelle
."
 
David Graeber : « La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes »
http://www.bastamag.net/David-Graeber-La-forme-la-plus
"La dette ? Une construction sociale, fondatrice d’un pouvoir arbitraire, estime David Graeber, anthropologue et économiste états-unien, considéré par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus influents actuellement.
Les pays pauvres et les personnes endettées sont aujourd’hui enchaînés aux systèmes de crédit. Piégés dans des relations basées sur la violence, les inégalités et justifiées par la morale, décrit l’auteur, dans un ouvrage qui retrace 5000 ans d’histoire de la dette. « Rembourser ses dettes » est devenu un dogme, impossible à contester. Et si, malgré tout, on décidait d’effacer l’ardoise ? Avec le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber lance des actions de désobéissance civile pour démontrer l’absurdité du système capitaliste actuel."
 
Argentine contre Fonds Vautours : la Cour Suprême US se penchera sur le sujet
http://www.elcorreo.eu.org/Argentine-contre-Fonds-Vautours-la-Cour-Supreme-US-se-penchera-sur-le-sujet
"Une étape positive a été franchie dans le différend qui oppose l’Argentine aux Fonds Vautours qui l’ont assignée en justice (voir El Correo du 13 octobre 2013).  La Cour Suprême des Etats-Unis a accepté, il y a quelques jours, à la demande de l’Argentine, d’examiner le jugement de la Cour d’appel de New-York autorisant les Fonds Vautours, notamment NML Capital de Paul Singer à enquêter sur les actifs et les comptes du pays à l’extérieur de ses frontières afin de les mettre sous embargos. Pour mémoire, il s’agit d’un dossier annexe au dossier principal concernant le remboursement des titres détenus par les Fonds Vautours à 100% de leur valeur pour un montant de 1.5 milliard de dollars, en dehors des conditions d’échange acceptées par 93 % des créanciers lors de la restructuration de la dette."








sommaire-4


Article 5

Envoi par Robert BIBEAU : http://www.robertbibeau.ca/





illustration par maquette de maison sur tas de pièces de monnaie


illustration avec individu à genou sur graphique de crash


LA PETITE BOURGEOISIE PERVERTIE A TRAHI
 
(2e partie)
 
 
 
Page d'origine citée par l'auteur :
http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-petite-bourgeoisie-pervertie-a-trahi-2e-partie/
 
01.01.2014
 
           [La première partie de ce texte présentant le segment de classe petit-bourgeois et ses activités politiques est accessible ici : www.les7duquebec.com/7-au-front/la-petite-bourgeoisie-pervertie-et-trahie/ * Poursuite de l’analyse en présentant à la suite l’exemple du comportement politique de la petite bourgeoisie emportée par la tourmente économique et sociale en Argentine.]
 
 
            La petite bourgeoisie en Argentine pendant la crise
 
            La crise économique de 2001 en Argentine (plus de 20% d’inflation par année), offre un exemple patent du comportement du segment de classe petit-bourgeois en situation de crise économique, sociale et politique, catastrophique. Observons ce segment de classe filouté, empreint de fatuité et qui aspire au mode de vie bourgeois en jouant constamment sur la corde raide, repoussé qu’il est vers le bas de l’échelle sociale par le développement économique, impérialiste, moderne, de plus en plus chaotique.
 
            Observons d’abord que la petite bourgeoisie en ces temps de crise sévère est en voie de paupérisation accélérée, elle le sait mais elle croit qu’elle peut s’en tirer si elle livre la classe ouvrière pieds et poings liés aux capitalistes monopolistes, ses maîtres à penser. Voici comment elle s’y prend pour remplir sa part de marché.
 
             En Argentine devant sa déchéance évidente, la petite bourgeoisie est descendue dans les rues chanter et tambouriner sur des casseroles et elle a exigé qu’on lui restitue ses «droits acquis» (slogan typiquement petit-bourgeois – les droits acquis pour les ouvriers, ça n’existe pas en société capitaliste – chaque avantage conquis par les ouvriers doit être quotidiennement défendu par la résistance de classe).  Le grand capital n’assure aucun  «acquis» ni aux ouvriers ni à ses sous-fifres petits-bourgeois qui doivent le mériter à chaque journée.
 
            La grande bourgeoisie de l’Argentine leur a alors proposé une série de polichinelles politiques à travers une suite d’élections «démocratiques». Voter est l’activité politique préférée des petits-bourgeois, car c’est par les urnes que la classe petite-bourgeoise manifeste sa capacité de nuisance politique, faisant et défaisant les gouvernements des différentes factions capitalistes qui se disputent la mainmise sur l’appareil d’État (Que des factions capitalistes – les partis de la gauche petite-bourgeoise n’ayant absolument aucune chance de décrocher la palme électorale dont il ne saurait que faire de toute manière).
 
            La petite bourgeoisie a donc participé dévotement à chacune de ces élections bidon attirant la classe ouvrière dans son sillage vers le marécage électoral péroniste.
 
             Les sacrifices et la misère de la classe ouvrière s’accroissant, la monnaie nationale périclitant, la dette souveraine étant rééchelonnée, les épargnes des petits salariés s’étant envolés en fumée, dévaluées par l’inflation, les entreprises d’État privatisées, le FMI et la Banque mondiale rassasiés, l’économie de l’Argentine s’est couci-couça temporairement rétablie, permettant à ce tas de parias de reprendre peu à peu leurs activités, leurs studios dans la Cité, leurs grosses cylindrées jusqu’à la prochaine butée économique qui ne saurait tarder. Vous les reverrez bientôt chahuter, les casseroles «révolutionnaires» à la main et chantonner, désespérés, dans les rues de Buenos Aires enflammées.
             À un moment donné, pendant la crise, la petite bourgeoisie argentine a menacé de se radicaliser et certains de ses partisans ont été recrutés par les organisations de la «gauche» piteuse et surannée ou par la droite radicale et patentée. La petite bourgeoisie est souvent tentée d’effrayer, et même, de terroriser ses maîtres, grands bourgeois, en les menaçant de tout faire sauter (terrorisme FLQ, Tupamaros et/ou djihadistes sont au menu politique de la classe petite-bourgeoise). Pire encore, la petite bourgeoisie peut aller jusqu’à  menacer d’ameuter et de soulever les ouvriers insurgés comme en Égypte (Moubarak dégage ! – Qu’un autre larbin s’engage !), en Tunisie de Ben Ali, en Libye de Kadhafi et en Syrie de Bachar al-Assad, et de les diriger vers les saccages et les crimes contre l’humanité où ce sont les ouvriers qui sont sacrifiés en tant que chair à canon des soulèvements petits-bourgeois exaspérés.
 
            Le petit bourgeois veut ainsi démontrer que si on le pousse aux dernières extrémités et qu’on le prive de ses émoluments et de son niveau de vie, qu’il croit méritée, alors il peut s’énerver et se battre jusqu’au dernier ouvrier à immoler sur la place du Pirée. Salvador Allende leur a déjà montré la voie vers ce cinéma. Il y a laissé la peau, ce pauvre Bobo. Nelson Mandela quant à lui leur a démontré qu’il était préférable de se réconcilier avec les maîtres, grands bourgeois afrikaners, et de les soutenir politiquement dans l’exploitation de la classe ouvrière grégaire.
 
             La go-gauche –pseudo révolutionnaire– raffole de la clientèle étudiante et communautaire, compassionnée et friande de justice sociale. Le communautaire, c’est son affaire. La go-gauche petite-bourgeoise réclame une redistribution des richesses entre d’un côté les très riches, de l’autre côté les Bobos et les pauvres, accompagnée au passage d’aumônes généreuses destinées aux  lumpenprolétaires, ses supporteurs indéfectibles (se souvenir de la composition sociale du Parti national-socialiste allemand). Les bobos n’exigent nullement le renversement du mode de production impérialiste moderne, seulement d’effrayer le grand capital jusqu’à ce qu’il lui restitue son boulot d’affidé.
  
 
            La petite bourgeoisie et la révolution socialiste
 
             La classe ouvrière doit se tenir aussi loin que possible de l’influence malsaine de la petite bourgeoisie urbaine, fanatisée, agitée et instable, qui n’est pas son adversaire principal, nous en convenons, mais n’en constitue pas moins le troufion, le goupillon, la plume et le clavier, le bras et la voix pour propager les idées et le bras séculier des grands patrons.
 
            L’avant-garde de la classe ouvrière consciente doit tenir en respect ce segment de classe dévoyé et l’empêcher d’infiltrer et de noyauter les organisations révolutionnaires de la classe ouvrière comme ce fut le cas en France et au Canada au cours des années 1970–1980, aussi bien que dans la plupart des pays impérialistes modernes qui amorçaient alors leur déclin par un éphémère regain de prospérité avant la grande plongée.
 
             On se souviendra qu’à cette époque, dans la plupart des pays impérialistes, aussitôt que la crise connut une accalmie et l’économie, une légère bonhommie, tous ces orphelins de Kautsky, Bernstein, Trotski, Khrouchtchev, Tito, Gramsci et Mao s’éclipsèrent dans la nature quérir un bon emploi dans les ONG subventionnées, les universités et les CEGEP [: Au Québec, un Collège d'Enseignement Général Et Professionnel, note JJ REY ], les syndicats bureaucratisés, comme conseillers politique de la grande bourgeoise réconciliée, démontrant ainsi une grande ferveur en faveur de l’État bourgeois – l’État bienfaiteur et providentiel – temporairement réhabilité, abandonnant la classe ouvrière à ses usines, ses chantiers, ses ateliers, ses mines de misère et à ses emplois précaires.
 
             Aussitôt bien installés dans leurs nouveaux bureaux, à leur nouveau métier et au volant de leur grosse cylindrée, les petits-bourgeois, pour récompenser leurs sponsors firent courir le bruit que la classe ouvrière avait disparue en même temps que leur agitation militante et solidaire. Toutes ces marchandises, ces bateaux, ces paquebots, ces édifices, ces avions, ces autos, cette machinerie sophistiquée, ces produits de qualité, ces vêtements et ces aliments, tout cela étaient produit par le capital et des robots et le prolo s’étaient muté en Bobo comme le petit-bourgeois, heureux, content et repu. Dorénavant ce n’était pas l’exploitation des ouvriers qui allaient le tarauder mais la surexploitation de la Terre-mère nourricière. Oubliant, pauvre Bobo, que ce sont les travailleurs qui manœuvrent ces machines de destruction, qui construisent ces pipelines, ces super tankers, ces avions jumbos pollueurs, ces chantiers, ces usines et ces centrales nucléaires nécessaires et que si l’ouvrier cessait de travailler, cessait de vendre sa force de travail pour valoriser le capital et produire des profits, c’est son avenir à lui, le petit-Bobo parasitaire, qui serait compromis. Il est impossible de concilier le développement économique, capitaliste, et le développement écoresponsable. Le capitalisme doit d’abord être aboli, puis le mode de production repensé et reconstruit pour concilier les nécessités de l’économie nouvelle et ceux de l’écologie.
 
             Et voici nos régiments de Bobos éco-socialistes mobilisés pour dénoncer les ouvriers (qui soi-disant n’existent plus) et les pousser dans le camp de la grande bourgeoisie ; la classe ouvrière étant bien forcée de travailler pour ne pas s’anémier, et le grand capital étant bien forcé de faire tourner le capital afin de le valoriser et le faire se multiplier et se reproduire sans discontinuer. La classe ouvrière, elle, sait que ce n’est pas d’entraver la construction d’un pipeline, ou d’un chantier pétrolier, hauturier, qui fera stopper la dépravation de l’environnement ; mais de renverser totalement ce mode de production impérialiste, décadent.
 
             Aujourd’hui, que la crise a repris, ces go-gauchistes réclament l’intervention de l’État capitaliste des riches dès qu’un segment ou un autre des salariés se bat pour l’équité et la justice ou qu’il s’oppose physiquement à la police. En 2012, ce sont les étudiants, fils et les filles d’ouvriers qui ont affrontés les flics [: au Québec, ndlr] ; aussitôt les petits-bourgeois ont réclamé une commission d’enquête étatique pour désarmer la résistance des enfants des salariés. Aujourd’hui, les bobos réclament une législation de l’État policier pour congédier les femmes voilés, et pour discriminer les salariés sur la base de leurs croyances –religieuses pour le moment, politiques dans quelques temps–. Les bobos appellent l’intervention de l’État pour attaquer les régimes de retraite des salariés trop «gâtés» selon leurs maîtres en pensée, les grands banquiers.
 
             La petite bourgeoisie est un segment de classe qui parasite l’État capitaliste et lui voue un culte imprescriptible. Quel que soit le problème social, comptez sur le Bobo (les bourgeois-bohèmes) pour imaginer une pétition, une protestation, une marche aux lampions, implorant l’État bourgeois de venir apaiser sa compassion de Bobo éploré, parfois même endeuillé. Plutôt que de se révolter, le Bobo humaniste et idéaliste propose de  pleurer sur les malheurs de l’humanité et d’organiser la charité afin de se défausser.
 
             Imaginez, au beau milieu de cette crise économique, terrible, où les salariés sont saqués, matraqués, paupérisés, où les cafés pour mendiants sont achalandés, où les friperies sont dévalisées, où les comptoirs alimentaires ne suffisent plus à la demande, une assemblée de ces Bobos surfaits, issus de la go-gauche universitaire, s’expliquant mutuellement que le problème de la société de consommation est la surconsommation – les pauvres consomment trop et devraient être mis à la diète forcée par l’État policier, pensent les Bobos effrontés.  C’était justement l’intention de l’État policier qui ne demandait qu’une pression  bien articulée.
 
             La présente «reprise» de la crise économique systémique (qui en réalité n’a jamais cessé) amène des fragments de la petite bourgeoisie paupérisée à se réactiver – proposant aujourd’hui de recréer une variété de « Parti Communiste Révolutionnaire », de Nouveaux Cahiers du « Socialisme » populiste et néo-fasciste, de nouvelles organisations révisionnistes et divers succédanés de partis « communistes » virtuellement citoyens, communautaires, et réellement pseudo solidaires, et tutti quanti, tous plus radicaux les uns que les autres (en parole et sur papier exclusivement) – à la mesure de la déception de ces petits bourgeois frustrés, jetés sur le pavé malgré tous les services rendus à leurs maîtres déglingués.
 
 
            Les fondements économiques du désespoir petit-bourgeois
 
             Nous l’avons mentionné précédemment, le développement chaotique, inégal et combiné du mode de production capitaliste anarchique et la division internationale du travail impérialiste moderne ont entraîné l’hyper-croissance des secteurs tertiaires d’activité (vente, commerce, marketing, distribution, service, communication, finance, banque, bourse, assurance, éducation, formation, culture, sport, loisir, restauration, hôtellerie, voyage, bureaucratie syndicale, etc.), d’où l’expansion et l’extension importante des emplois pour petits bourgeois accrédités et petits cadres salariés jetables. Cette section de classe prolixe, subjective, idéaliste, narcissique et mystique, aspire à vivre la vie des millionnaires, et à singer, même chichement, même caricaturalement, la vie des gens riches et célèbres qui lui sont inaccessibles sinon à travers la télévision et les spectacles « bling-bling » dont la télé s’évertue à les abreuver.
 
             Cette multitude de petits bourgeois-bohèmes (Bobos) que Lénine qualifiait de philistins, trouve intérêt à augmenter les ponctions que l’État effectue sur les revenus des salariés afin de maintenir leurs emplois, et cela même quand eux-mêmes subissent de plein fouet ces hausses de taxes, d’impôts, de tarifs, car ils se trouvent eux-mêmes au-dessus de la pile salariale. Un beau jour, malgré ces taxes et ces impôts exorbitants, la désindustrialisation et la délocalisation industrielle vers les pays émergents, combinée à  l’énorme dette souveraine, entraînera le gouvernement des riches vers la débâcle économique. Plutôt que de se révolter et de s’enrôler dans l’armée prolétarienne du Parti Révolutionnaire Ouvrier pour renverser le pouvoir des oligarques, le petit-bourgeois en appellera à la solidarité de l’ouvrier pour qu’il partage sa pauvreté et qu’il signe des pétitions, participe aux défilés des casseroles et chante dans les rues des cités en pleurant sa déchéance «socialisée».
 
            Encore récemment un cacique, fétiche de ces plumitifs, expliquait à ses comparses que l’État pouvait encore emprunter et que le taux d’endettement souverain était affaire de manière de calculer de la part du souverain. Ce parangon keynésien, entiché de J.K. Galbraith, l’économiste des réformistes, ne faisait que proposer de retarder l’échéancier des dettes publiques à rembourser aux banquiers : [ceux-là] occupés à compter leurs bénéfices anticipés dans l’antichambre de l’Assemblée nationale de la « patrie » en danger. Tous les Bobos collatéraux se sont écriés « Ô miracle ! » : leur père bienfaiteur, ex-premier ministre, venait de faussement rassurer tous ces paumés désemparés (1) .
 
             Le Parti Ouvrier ne doit jamais s’assujettir ou se laisser travestir et pervertir par ce segment de classe qui, quoi qu’il arrive, cherchera toujours à opter pour le compromis de classe et la réforme du système ; car le petit-bourgeois croit toujours avoir le choix de sa souffrance même s’il ne l’a pas.
 
             C’est pour avoir oublié, nié ou renié ces vérités, que les différents partis politiques communistes, ancienne manière (khrouchtchévien) ou nouvelle contrefaçon (maoïste) se sont coupés de leur base sociale et ont périclité – noyés sous le trotskisme-intellectualiste, la sociale-démocratie électoraliste, le titisme autogestionnaire, l’eurocommunisme psychédélique, le réformisme altermondialiste, l’éco-socialisme populiste et l’anarchisme libertaire. Et c’est la raison pour laquelle il faut aujourd’hui construire de nouvelles organisations révolutionnaires de la base ouvrière jusqu’au sommet prolétaire.
 
             Le petit bourgeois repenti qui voudrait aujourd’hui se liguer en faveur de  l’ouvrier devrait être invité à faire son autocritique sur son passé politique, opportuniste, surtout s’il a flirté jadis avec ces apparatchiks, soi-disant communistes, qui sont apparus au printemps de la crise pour disparaître à l’été de la reprise économique, éphémère. Alors peut-être que ce Bobo ayant trahi ses intérêts de classe petit-bourgeois aura l’humilité et le dévouement requis pour servir le Parti des Ouvriers plutôt que son EGO démesuré.
 
 
Robert BIBEAU
robertbibeau[a]hotmail.com
http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
 
 
Note :
 
(1)    http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/jacques-parizeau-de-la-rhetorique-au-sophisme/
 
Pour compléter son info :
 
Etats-Unis. Les travailleurs de Boeing vaincus par le chantage et la trahison
 http://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/etats-unis-les-travailleurs-de-boeing-vaincus-par-le-chantage-et-la-trahison.html
"Un coup dévastateur a été porté non seulement au syndicat des machinistes, mais aussi à l’ensemble du mouvement ouvrier, les travailleurs de la principale installation de production de Boeing située dans la région de Puget Sound [Etat de Washington, nord-ouest des Etats-Unis] ont approuvé – à une majorité millimétrique de 51% en faveur contre 49% d’opposition – une extension de huit ans du contrat [collectif] comprenant des concessions historiques en échange de promesses incertaines sur le fait que des milliers d’emplois demeureront dans cet Etat pour la construction du nouvel appareil de ligne 777X [qui devrait entrer en service en 2020]. .../... Le vote est un renversement stupéfiant du rejet écrasant d’une proposition très semblable qui s’est manifestée lors d’un vote au cours de mois de novembre 2013 des membres de l’International Association of Machinists (IAM) et de la section 751 de l’Aerospace Workers. Au cours du mois et demi qui a suivi, Boeing a accru son chantage pur et simple en menaçant les emplois des membres de l’IAM s’ils n’acceptaient pas des concessions. Le géant de la construction d’avions a bénéficié d’aides pour sa campagne d’extorsion: allant de l’élite politique de l’Etat de Washington, dominé par le Parti démocrate, des médias dominants complaisants en passant par les dirigeants de l’IAM, lesquels étaient déterminés à faire avaler aux machinistes un contrat fait de concessions."
 
“Libération“ Et Les Patrons: Ensemble Depuis 1984
http://www.bakchich.info/blogs/sebastien-fontenelle/liberation-et-les-patrons-ensemble-depuis-1984
"Après que François Hollande, s’enfonçant dans la droite, a proposé au Medef un «pacte de responsabilité», le quotidien Libération demande ce matin, à la une : «Faut-il faire confiance aux patrons?»
Mais en vérité: il y a trente ans, presque jour pour jour, que ce même journal, pris d’ultralibéralisme, a répondu à cette question. Au mois de février 1984, Libération, alors dirigé par Serge July, publie - en complément d’une émission de télévision homonyme présentée par Yves Montand – un exceptionnel numéro hors-série, vendu vingt francs de l’époque et sobrement titré: «Vive la crise !» Son propos général est d’une simplicité admirable: il s’agit d’accompagner la stupéfiante volte-face du gouvernement socialiste de l’époque, devenu austéritaire." .../... Les journalistes de Libération sont de fiers professionnels, jaloux de leur indépendance : ils savent parfaitement que «tous les gouvernements ont rêvé, à un moment ou à un autre, d’une presse» aux ordres «dont la pieuse lecture inclinerait, jour après jour, les citoyens au civisme et, bientôt, aux sacrifices intelligemment consentis» - et qu’il arrive même, «quelquefois», que dans certains glauques pays la «presse “explicative“ est une presse muselée»
."








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Article 6

Envoi d' Alain SAGAULT : http://www.sagault.com/
Blog : Le globe de l'homme moyen : http://www.ateliersdartistes.com/rubrique68





illustration par avion tournant autour d'un globe coloré

illustration par route plongeant dans écran d'ordinateur

illustration avec individu sous armure en plein sprint

illustration par compteur affolé, finissant par inscrire billions and billions


NOUS AVANCONS COMME DES SOMNAMBULES
VERS
LA CATASTROPHE

Entretien avec Edgar MORIN
 
 
 
Page d'origine : Interview par David Solon
http://www.terraeco.net/Edgar-Morin-Nous-avancons-comme,19890
Source : " Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe ? "
http://www.zinfos974.com/Edgar-Morin-Nous-avancons-comme-des-somnambules-vers-la-catastrophe%E2%80%89_a66585.html
 
Edgar Morin, 90 ans, fut le compagnon d’indignation de Stéphane Hessel. Il est membre du collectif Roosevelt 2012 et du parti Nouvelle Donne. Il répond ici à une interview du site Terraeco.
 
La vitesse fait partie du mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée est que nous allons grâce au progrès vers un avenir meilleur. Dans cette optique se sont multipliées les avancées économiques et sociales, et des techniques qui ont permis de créer des transports rapides. La machine à vapeur n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie du chemin de fer, lui-même devenu de plus en plus rapide. La multiplication des activités rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée. Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve « après la pluie ». Dans ces schémas, les relations s’établissent selon un rythme scandé par le soleil. Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence, celui de notre économie marchande et capitaliste, fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.
 
On ne se rend pas compte, alors même que nous pensons faire les choses rapidement, que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit, notamment à cause des embouteillages, par nous en faire perdre ! Comme le disait déjà Ivan Illich: « La voiture nous ralentit beaucoup. » Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération, celle de la mondialisation. Tout cela nous conduit vers des catastrophes. Pourquoi ? Parce que le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !
 
Ralentir, décélérer, c’est le sens du mouvement slow food dont est née l’idée de « slow life », de « slow time » et même de « slow science ». La tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un « grand » article dans une « grande » revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoga, par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse.
 
Nous sommes prisonniers des idées de rentabilité, de productivité et de compétitivité, notions exacerbées par la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.
 
Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? Non, le capitalisme en est l’essentiel responsable, par son fondement qui consiste à rechercher le profit, par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire, par la soif incessante de « nouveau » qu’il promeut grâce à la publicité. Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus obsolètes ? Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle, la concurrence, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression de consommation, à toujours se procurer de nouveaux produits, ce qui contribue à ce processus.
 
Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent. L’économie sociale et solidaire en est une. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), indique que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde, mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production, mais de l’union consciente des consommateurs. Cette force inemployée est faible car dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.
 
Les hommes et les femmes politiques ont-ils déjà fait cette analyse ? Il y a des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures, comme la croissance. Ils ne savent même pas que la croissance à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés ne dépassera pas 2?% ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance qu’ils souhaitent rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées, comme la décélération, qui ne signifie pas décroissance. Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et relocaliser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle crée de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité.
 
Mais revenons au temps. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation complexe, dans lequel technique, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous en ayons aucun contrôle. Notre tragédie est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.
 
Les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. Les cabinets ministériels sont envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf, la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le « long terme », je l’intitule « problème de fond », « question vitale ». Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche. Sarkozy symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en fait quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre.
 
Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts.
La combinaison de ces deux barbaries fait encourir un danger mortel pour l’humanité. Le fanatisme peut se développer à tout instant. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère tout aussi vertigineux. Cette combinaison nous conduira vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne. Mais pas des individus, car, à notre époque, le système empêche les grands esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules dans sa direction.
 
Le philosophe Jean Dupuy nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, que ce que nous voyons nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, Descartes, Francis Bacon ou Galilée étaient improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Âge… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, une petite cité grecque fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises –bien que détruite la seconde fois– Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.
Nous sommes déjà dans un processus de réformes… De réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là doivent se mettre en marche simultanément et être solidaires.
 
L’idéal de la société occidentale – « bien-être »s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. Et bien que ce mot « bien-être » soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa trouve cette formule de « bien-vivre » (bien vivir), reprise ensuite par le président bolivien Evo Morales, elle signifie un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression « bien vivir » est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est « actif » dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale. Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre. Il n’y aura peut-être même pas de vivre du tout.
 

Interview donnée par Edgar MORIN
Rédaction par David SOLON
http://www.terraeco.net/_David-Solon,062_.html
 
Retranscrit et remis en forme par
Dr Bruno BOURGEON, La Réunion
Membre de Nouvelle Donne
http://aid97400.lautre.net/spip.php?article1291
 

Autre point de vue de Bruno Bourgeon :

De quelle décroissance parlons-nous ?
http://www.zinfos974.com/De-quelle-decroissance-parlons-nous_a66977.html
"A l’inverse de notre Président, qui ne jure que par ses incantation envers la croissance, qui ne reviendra pas, pour des raisons qu’il serait trop long d’évoquer ici, parlons de décroissance, comment la définir, puisque il apparaît que la définir est déjà la circonscrire, comment l’aborder sans risquer un discours catastrophiste et peu engageant. Il existe en Angleterre le concept de « Villes en Transition ». Il a été découvert au début des années 2000 par les objecteurs de croissance en France, puis les partisans de l’écologie radicale, puis par les écologistes tout court. Le mouvement de « Transition Towns » ne prône aucun militantisme d’opposition, c’est ce qui a fait qu’il a déçu certains objecteurs de croissance."
 
 
Pour développer son info :
 
Les 20 propositions du mouvement "Nouvelle Donne"
http://www.nouvelledonne.fr/wp-content/uploads/2013/11/Nos20propositions_NouvelleDonne.pdf
Auteur du fichier : Patrick Beauvillard
par cette page Web :
http://www.nouvelledonne.fr/nos-20-propositions
 
 
Pour compléter son info :
 
Le trading haute fréquence : « Un choix idéologique et politique »
http://www.bastamag.net/Le-trading-haute-frequence-Un
"6 mai 2010, krach éclair à Wall Street. En moins de 10 minutes, près de 1 000 milliards de dollars se sont envolés. Du jamais-vu. Un bug informatique en serait à l’origine. De plus en plus d’opérateurs boursiers effectuent leurs transactions financières via des ordinateurs et des algorithmes ultra-sophistiqués. Véritable « boîte noire » de l’économie moderne, ce système, dénommé trading haute fréquence représente 40% des ordres passés en Europe – 50% sur le CAC 40 – et près de 75% aux États-Unis. Quels sont les nouveaux risques liés à ces techniques ? Entretien avec Gérard Paul, ancien cadre bancaire. ..../... Le trading haute fréquence (THF) consiste en l’exécution à grande vitesse de transactions financières pilotées par des algorithmes, dit le dictionnaire. Il s’agit d’une modalité du trading automatique. Les opérateurs de marché virtuels peuvent exécuter des opérations sur les marchés boursiers à l’échelle de la microseconde (0,000001 seconde)."
 
Le « paquet de Bali » : chant du cygne ou renaissance de l’OMC ?
http://www.medelu.org/Le-paquet-de-Bali-chant-du-cygne
"Personne n’aurait sérieusement parié que la 9ème Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui vient de se terminer à Bali (Indonésie) aboutirait à un accord entre ses 159 membres. Et pourtant, au terme d’une négociation-marathon, le président indonésien de la Conférence a pu s’exclamer : We did it ! (Nous l’avons fait !), et ce qui est désigné dans le jargon de l’OMC comme le « paquet de Bali » restera comme le seul accord conclu à l’OMC au cours de ses 18 ans d’existence. Trois piliers structurent cet accord : facilitation du commerce, agriculture et développement. .../... Il est donc très clair que le chapitre « Facilitation du commerce » conduira des pays en difficulté à mobiliser des moyens pour faciliter essentiellement des importations sur leur territoire, au plus grand profit des entreprises exportatrices mondiales. Si l’OMC annonce qu’elle apportera une aide financière aux pays les plus pauvres, on peut cependant se demander s’il s’agit véritablement d’un bon accord pour eux dans la mesure où ils seront dépendants de financements extérieurs qu’ils ne peuvent pas maîtriser pour le développement d’une activité qui ne sera pas à leur profit."
 
Extractivisme :
« Les pollutions engendrées par l'industrie minière représentent un danger pour les décennies à venir »

http://journal.alternatives.ca/spip.php?article7499
"Des prix records, une demande croissante, un besoin de sécurisation des approvisionnements : une nouvelle ruée vers les minerais est à l’œuvre, partout dans le monde. Face aux multiples impacts de cette industrie, les résistances se multiplient, en Amérique Latine comme en Afrique ou même en Europe. Réussiront-elles à protéger les eco-systèmes menacés ? Entretien avec William Sacher, chercheur basé à Quito, qui travaille depuis 8 ans sur l’exploitation minière industrielle. Un entretien accompagné de photos de cours d’eau pollués par l’acide utilisé dans les mines."
 
Voyage au cœur des lobbies du gaz de schiste et du nucléaire
http://www.rue89.com/2013/11/03/voyage-coeur-lobbies-gaz-schiste-nucleaire-247165
"L’assistant parlementaire de Corinne Lepage a participé à un voyage « d’information » aux Etats-Unis proposé par les industriels du nucléaire et du gaz de schiste. Il raconte le lobbying ordinaire de l’intérieur.
L’invitation du Forum européen de l’énergie pour une visite à Washington est arrivée dans la boîte mail de ma députée, comme tant d’autres auxquelles nous ne prêtons guère attention, et pourtant, celle-ci a attiré mon attention à plusieurs titres… D’abord parce qu’elle est intervenue dans une période particulière : nous étions en train de travailler sur la directive agrocarburants avec des lobbyistes (l’industrie des agrodiesels, agroéthanols et des agrocarburants avancés), mais aussi les ONG de développement et de protection de l’environnement. On sait aussi
compter sur la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) ou la Commission européenne pour avoir des positions institutionnelles marquées." 







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Article 7

Envoi par René CHABOY : http://www.lienenpaysdoc.com/






illustration par empilement de choses insolites en sandwich 

logo des Restaurants du coeur


image du gaspillage alimentaire, mondial, avec des chiffres


LANCEURS D'ALERTE ET ASSOCIATIONS DE CITOYENS
 
POUR UNE DEMOCRATIE ALIMENTAIRE
?
 
 
 
Bonjour à toutes et à tous,
L'année 2014 sera-t-elle celle d'un projet national des biens communs  pour une réelle économie alimentaire ?
 
Parler de démocratie alimentaire peut surprendre, cependant,  à une époque marquée par la famine et l'insécurité alimentaire, ce terme n'est-il pas adapté à entreprendre coopérativement un projet de société ?
 
Chacun de nous demain peut devenir malade et manquer de nourriture dans un système plaçant globalement la vente avant la répartition à mieux produire pour chacun.
 
Une nouvelle fois, [pour] les fêtes de fin d'année, les lobbies de la malbouffe ont vendu l'idée de la surconsommation : à « manger  sans faim ». Les papiers publicitaires sont venus alourdir un peu plus les tonnes de déchets s'ajoutant à l'augmentation de nos impôts, au travail de misère et au chômage. Ces belles images font-elles encore rêver les Françai (e) s ?
 
Remplir les poubelles, promouvoir ensuite une gestion du recyclage n'est pas le meilleur modèle ni pour les travailleurs qui traitent les détritus tous les jours, ni pour les consommateurs-contribuables. Ne sommes-nous pas capable d'imaginer mieux entre citoyens de bonne volonté, en fondant un réel concept économique, écologique, favorable à la santé pour mieux produire ?
 
Peut-on gérer le défi climatique sans avoir régler auparavant les scandales alimentaires à répétitions ?
 
Or, les scandales alimentaires sur la viande ne sont pas terminés, qu'un nouveau scandale se profile à l'horizon : le scandale sur les farines.
 
*

Entre insécurité alimentaire, obésité et famine : grandir en Humanité
 
Page d'origine
http://www.lienenpaysdoc.com/index.php?option=com_content&view=article&id=487:entre-insecurite-alimentaire-obesite-et-faminen-grandir-en-humanite-&catid=13:agenda&Itemid=59#.Ur0v4vsQS5h
 
 
L'empaquetage ne suffit pas pour garantir une sécurité alimentaire.
 
De plus il produit des tonnes de détritus qu'il faut recycler, avec tous les dangers sanitaires auxquels sont exposés, les employés, à ces traitements ; voir ici aussi déchets infos actualités . Autant favoriser la consommation d' empaquetages biodégradables et la création d'emplois plus sécurisés et instaurer la pollutaxe.
 
 
Le gaspillage ferait perdre 30 à 50 % de la production alimentaire mondiale
 
Si la production de déchets et consommation d'énergie augmentent, [les] chômage, précarité, misère, famines et
maladies, menacent nos vies.
 

Réduire la consommation d'énergie fossile et électrique
( conservation, congélation, irradiation, réfrigération,
incinération des déchets ).

La production des aliments que nous mettons dans notre assiette implique tout une chaîne de production complexe,
alimentée par l’énergie solaire via la photosynthèse des végétaux, mais aussi par d’autres sources d’énergie qui sont souvent d’origine fossile .
 

L’Europe a faim.
 
C’est une enquête réalisée en Grande-Bretagne qui vient rappeler que la crise est toujours bien présente dans de nombreux pays. Une lettre envoyée la semaine dernière au "British Medical Journal" par une association de médecins fait état de l’accroissement alarmant du nombre de personnes hospitalisées pour malnutrition .
 
Le FMI revient à la charge avec des mesures qui provoquent des émeutes de la faim .
 
L'Europe a faim : comment en est-elle arrivée là ? : [ note de JJ REY : très bon article de René CHABOY à lire sur site de "ASSOCIATION POUR UNE CONSTITUANTE" : http://www.pouruneconstituante.fr/ ]
 
 
Des solutions sociales et alimentaires sont proposées par les lanceurs d'alertes.
 
Impossible de dissocier la question sociale de la question alimentaire, les deux sont étroitement liées. Cependant la C.E. [: Commission Européenne, ndlr] et l'Etat français, en soutenant les intérêts des grands lobbies industriels, s'éloignent de l'enjeu majeur des peuples : leurs besoins existentiels, fondamentaux.
 
Lorsque la CE et l'Etat français s'obstinent à ne pas légiférer pour prendre en compte les programmes des acteurs de l'alimentation, respectant la biodiversité et la santé des citoyens tels que les lanceurs d'alerte le préconisent en s'alliant au programme de « Agroécologie paysanne » , la famine et les maladies envahissent notre vie. Les solutions sociales et alimentaires sont les bases même de l'économie, proposées par les lanceurs d'alerte dont la Société Nouvelle Fraternelle a besoin pour reprendre en mains son existence ; hors des intérêts spéculatifs producteurs d'une malbouffe continuant à nous empoisonner les uns et les autres.
 
 
Qu'est-ce qu'une alimentation durable ?
 
L’alimentation industrialisée se caractérise par une forte transformation des produits consommés, des distances importantes entre producteur/transformateur et consommateur (en France, la distance moyenne parcourue par un consommateur vers son lieu d’approvisionnement est de 25 km), un régime alimentaire généralement riche en produits raffinés, sucres rapides, graisses saturées, sel, viandes, pauvre en aliments de base non transformés, en céréales complètes, fruits et légumes, souvent carencé en fibres et micronutriments essentiels (sels minéraux, vitamines), et un fort gaspillage des aliments (40 % sont jetés)...
 
Directement liée à des modes de production agricole et de commercialisation durables, une "alimentation durable" est une alimentation viable sur le plan économique et social, qui préserve l’environnement, la santé et la diversité culturelle .
 
L'Ecosociotaxe : la taxe coopérative ?
Comme le dit souvent dans ses conférences, Pierre Rabbi ( agro-écologiste fondateur de Terre et humanisme ) : « bientôt, en passant à table, plutôt que de se souhaiter bon appétit, il faudra se souhaiter bonne chance ».
Chaque jour depuis des dizaines d'années, les scandales alimentaires sont révélés, sans que le système productiviste soit remis en cause par «nos  dirigeants ».
 
La malbouffe industrielle, mondialisée, a construit son histoire en lien étroit avec le monde spéculatif, économique, et de ce fait laisse peu de liberté aux consommateurs, dans sa monstrueuse chaîne construite pour eux : (c'est ce qu'elle nous dit) mais sans leurs avis .
 
Combien d'opposants à ce système n'ont été ni entendus, ni écoutés depuis l'émergence de ces scandales. Dans un monde inondé d'informations et de contre-informations, le fil de l'existence individuelle peut vite se perdre et oublier ce qui est essentiel pour tous. Cet essentiel peut se résumer dans un avenir peu rassurant : la famine ou la mort par empoisonnement progressif avec une alimentation douteuse et dangereuse pour l'être humain.
 
Il faut dire que le système dominant est fort pour endormir les consommateurs. La publicité martèle continuellement des contre-vérités : « votre magasin avec vos conseillers vous attend »... La publicité enferme le citoyen dans un rêve évaporant la réalité, laissant la fatalité comme seule possibilité : «  je vois bien que ce système n'est pas bon pour moi, mais que puis-je y faire ? ... Il faut bien mourir de quelque chose ».
 
Comment rebâtir une nouvelle société de consommation ; car c'est bien ce dont il s 'agit de faire, si nous voulons changer les bases en lien étroit avec nos besoins individuels ? Nous pouvons mesurer combien nos organismes sont différents, ce qui est bien pour l'un peut être un poison pour l'autre. De plus un poison peut apparaître dans une consommation excessive d'un même produit, raison de plus, lorsque tous les produits sont gorgés de pesticides, d'engrais et bientôt d'OGMs. Si nous ne résistons pas continuellement à la servitude tissée par la chaîne industrielle alimentaire devenue experte dans l'art de nous rendre fataliste et dépendant de sa dictature : les problèmes continueront à se développer engendrant : précarité et chômage, car ce système ne convient plus à nos besoins de liberté : individuels et sociaux.
 
Rebâtir une société nouvelle à partir de la culture alimentaire est non seulement possible mais indispensable, si nous voulons nous en sortir individuellement et collectivement.
 
L'alimentation est la base même de notre économie citoyenne et populaire : la reprise en mains de notre liberté passe par ce casse-tête, mais ne vaut-il pas mieux un casse-tête coopératif que subir une soumission permanente au système de la malbouffe ?
 
*
 
Je suis cuisinier professionnel depuis 1967. Voici plus de trente ans, j'ai vécu l'expérience de cuisinier dans une grande chaîne industrielle de restauration collective. J'ai été témoin dans le ventre du monstre de nombreuses méthodes mensongères et dangereuses dans son fonctionnement, cela m'a conduit à démissionner. En 1984, j'ai démissionné alors que j'étais monté au grade de gérant dans cette chaîne de restauration collective pour créer un magasin de vente de produits bio dans lequel j'ai confectionné des plats cuisinés avec des produits les plus locaux possibles. L'expérience a duré 10 années.
 
Depuis, je ne cesse de travailler sur la mise en réseau d'une coopération entre consommateurs, producteurs et médias libres sur cette question alimentaire. Un espace d'échanges permet de travailler avec les femmes et les hommes responsables pour ce besoin de société nouvelle que nous souhaitons, si bien entendu nous voulons nous libérer progressivement ensemble de la chaîne industrielle de la malbouffe : base du développement de la pollution, de la maladie, de la précarité, du chômage et de la misère.
 
La base de construction repose sur la volonté des consommateurs, des producteurs et des lanceurs d'alerte à coopérer dans leurs engagement au-delà de la seule vente de produits qui n'auraient pas été pensés pour et avec le besoin des uns et des autres (différence de leurs organismes, de leur morphologie, de leurs connaissances , expériences et savoir-faire).
 
.../...
L'Europe a faim : ici pour suite des nouvelles
 
Un soutien coopératif aux petits producteurs refusant d'employer des engrais , autres pesticides et OGMs, s'organise ; car le grand monopole n'hésite pas à faire condamner le travail alimentaire qui ne va pas dans son sens : continuer à développer la malbouffe. Famine et insécurité alimentaire coûtent très cher à chacun de nous, ajoutant à ce développement sans conscience, les risques liés à la consommation croissante des énergies fossiles et nucléaires pour alimenter cette chaîne infernale avant de nourrir convenablement l'être humain.
 
Vous pouvez vous informer par le site
"Lien en pays d'OC" : http://www.lienenpaysdoc.com/
et vous relier à ce mouvement de résistance, en consommant autrement face au grand monopole des multinationales de la malbouffe industrielle.
 

René CHABOY
pour un autre monde possible et indispensable avec la nourriture de l'être humain.
 
 
Pour compléter son info :
 
Le FMI revient à la charge avec les mesures qui provoquent des émeutes de la faim
 http://www.mondialisation.ca/le-fmi-revient-a-la-charge-avec-les-mesures-qui-provoquent-des-emeutes-de-la-faim/5355936
"Quelques jours avant l’assemblée générale annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui s’est tenue du 11 au 13 octobre 2013 à Washington, le FMI est revenu à la charge. Concrètement, en Espagne, après avoir proposé une baisse de salaires qui a provoqué une réaction inhabituelle, il réclame désormais de réduire la liste des produits et services considérés basiques ou de première nécessité qui bénéficient des taux réduits de TVA. Il s’agit bien du même remède qui provoqua les fameuses émeutes de la faim, aussi appelées « émeutes FMI », au Sud de la planète, quand le prix du pain ou de l’essence montait d’un coup en une nuit jusqu’à des prix inabordables pour la majorité de la population."
 
Renversant : ce manuel français du XIXe siècle va nourrir le monde de demain
http://www.terraeco.net/Renversant-ce-manuel-francais-du,53264.html
"Longtemps oubliées, des techniques agricoles refont surface 170 ans après et inspirent aujourd'hui des pionniers d'une agriculture à la fois hyperproductive et totalement naturelle.
Des melons mûrs à Paris dès le mois d’avril, des tonnes de légumes sur une surface pas plus grande qu’un terrain de foot, jusqu’à huit récoltes en une seule année… Ces performances agricoles incroyables ne sont le fruit ni d’engrais chimiques, ni de modifications génétiques, ni même de connaissances scientifiques de pointe. Et pour cause, ces prouesses datent du XIXe siècle et sont l’œuvre des quelques centaines de jardiniers-maraîchers parisiens qui assuraient alors l’autosuffisance de la capitale en légumes. Longtemps oubliés, ces savoir-faire sont aujourd’hui accessibles à tous à travers un manuel, publié en 1844 et récemment numérisé (merci au site Paysansansfrontieres.com de l’avoir partagé ici). Son nom : Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris. Pour ceux qui n’auraient pas le temps d’une telle lecture, nous publions à la fin de cet article quelques morceaux choisis
."
 
Renforcement de l’Économie sociale et solidaire
http://www.elcorreo.eu.org/Renforcement-de-l-Economie-sociale-et-solidaire
"L’économie sociale et solidaire concerne des démarches précises pour créer des unités productives reposant sur l’associativité et les relations solidaires dans le but d’« humaniser » l’économie de marché, s’appuyant sur des bases sociales et un commerce équitable dans un monde globalisé. Elle essaie de construire et de consolider « une autre façon » de faire de l’économie, différente de l’économie d’entreprise capitaliste et son économie publique. L’économie sociale et solidaire joue un rôle important et croissant dans l’économie réelle par un apport en emploi, en protection sociale et d’autres avantages sociaux et économiques. Ce modèle d’économie comprend des petites entreprises essentiellement collectives où se développent des initiatives de production, générant échange et consommation, où l’on privilégie le développement de l’être humain dans une démarche durable."








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Article 8

Envoi par Guy CREQUIE : http://guycrequie.blogspot.com/






photo de jeune femme attachant son masque dans la rue enfumée



photo d'une route bitumée défoncée par une crue


CREATION D’UN DROIT D’ALERTE CITOYEN
CONTRE LA POLLUTION
 
AYANT VALEUR D’ENGAGEMENT
POUR LA PUISSANCE PUBLIQUE

!
 
 
 
Certes, les experts restent divisés, s’agissant des scénarios possibles à partir des modèles climatiques relativement à la climatologie.
Cependant, notre devenir dépend de la marge d’erreur entre la marge de catastrophe annoncée par les experts à
partir des années 2040/2050, et celle d’action des gouvernements et collectivités et administrations.
Quelle sera la concentration de gaz à effet de serre dans le Futur, notamment dans les grandes métropoles ? Va- t-on
attendre le constat de milliers de morts, notamment pour les plus fragiles : enfants, et personnes âgées, pour prévenir et intervenir ?
Si en France, l’été 2003 a été meurtrier avec un mois de canicule et 11.00 morts liés à cette cause, cela [eut lieu]
avec une élévation moyenne des températures de 3 degrés.
 
Dans les années 2040/2050, les prévisions du réchauffement climatique s’envisagent avec des variations, selon des climatologues, allant de plus 2 à plus 6 degrés Celsius, et par exemple certains vont même jusqu’à prévoir une hausse de 9 degrés en Europe du Sud.
La difficulté est celle de ne pas confondre la météorologie, au jour le jour, et la climatologie basée sur des scénarios
prévisionnels 10 ou 20 ans.
 
C’est ce qui explique : que bien des gouvernements, uniquement préoccupés par le présent de leur gestion et le verdict des urnes de proximité, font de la météorologie et restent timorés ou renvoient à plus tard et aux autres ou minorent les risques, s’agissant des possibles scénarios d’avenir, inquiétants.
Or, je lance un message d’alarme ! L’alerte à la pollution en décembre dans des villes comme Lyon, Marseille, Paris,
s’est traduite par le constat de difficultés respiratoires, de toux d’irritation, d’une sensation de gorge en feu et pour ma part, j’ai été handicapé par ces phénomènes durant une quinzaine de jours.
 
Or qu’a fait, la puissance publique, à part l’alerte des services de la météorologie nationale ? Qu’en est-il de la fonction de l’Etat de protéger les personnes et les biens, notamment pour les personnes âgées et les enfants, alors qu’il nous est rappelé en permanence les charges accrues des dépenses de santé et le coût pour la sécurité sociale qui a estimé durant cette période : les dépenses chez les médecins, les frais pharmaceutiques, voire dans quelques situations, les hospitalisations ?
 
Les prévisions du GIEC et autres, d’ici une trentaine d’années, prévoient des précipitations plus violentes, des périodes de sécheresse plus longues en certaines zones : Sahel, Amazonie, et des cyclones plus intenses avec le réchauffement des températures.
S’agissant des cyclones, ce n’est que depuis les années 80 avec les satellites que des statistiques et calculs existent.
Si l’accroissement des températures peut être pour le climatologue une expérience professionnelle, captivante, sous
l’angle de vivre en direct des phénomènes particuliers, compte tenu en partie de la non maîtrise des incidences, et [par là-même] faire monter son adrénaline ; pour le citoyen = c’est inquiétant !
 
L’élévation de la température a évolué de 4 à 5 degrés en 10.000 ans, et elle aurait la même évolution en un siècle !
Il est fort possible, que dans les années 2040, il n’existe plus de banquise l’été dans l’Arctique ; rompant ainsi avec un
rythme de vie environnemental datant de milliers d’années.
L’incidence du climat avec les sécheresses, inondations, cyclones, hausses des températures = c’est toute la relation
avec l’être humain qui est bouleversée, un profond déséquilibre s’instaure !
Dans cette situation, des flux migratoires incontrôlés sont à prévoir, d’où des sentiments humains, imprévisibles, 
possibles, y compris parfois ambivalents et contradictoires : cela va- t-il accélérer la solidarité d’appartenir à l’espèce humaine dans certaines situations ? A contrario, cela peut accentuer des attitudes de repli, de peur, de rejet de l’autre, vouloir protéger les frontières et y compris dégénérer en conflits, voire en guerres !
 
Alors, que faire : même si plus aucune pollution massive ne se produisait, les pollutions du passé engendrent cependant un réchauffement sur toute une période.
Pour protéger la planète et la laisser en situation acceptable de transmission à la nouvelle génération : il y faut une
éthique de la responsabilité !
Actuellement en phase de pollution : la puissance publique ne tient pas son rôle de protection de personnes et de
santé publique. Aucune disposition juridique coercitive ne s’applique sur elle, si elle manque à son devoir de protection !
 
Le droit de l'environnement est un droit fondamental et transversal. Le droit à un environnement sain est très récent dans la culture moderne (il s'est surtout développé dans les années 1970). Ce droit est enchâssé dans la charte des droits de quelques pays industrialisés. Il s'applique à de nombreux secteurs de l'environnement biophysique et humain. Développé à différentes échelles et systèmes juridiques, fruit d'une histoire spécifique, le droit de l'environnement couvre la hiérarchie des normes notamment en droit international, en droit communautaire et en droit national voire local.
 
L'interaction de ces trois faisceaux va grandissant avec la montée en puissance de la globalisation économique, politique et sociale, et des enjeux environnementaux qui les accompagnent, dont le changement climatique, le développement soutenable, mais ces enjeux [sont] liés à des problèmes émergents, posés par exemple par les biotechnologies, les nanotechnologies, les perturbateurs endocriniens ou la pollution lumineuse.
 
Outre son aspect normatif, imposant des obligations d'ordre public - comparé à du "hard Law" ou « droit dur », le droit de l'environnement peut prendre également le caractère de droit mou, sans imposer d'obligations juridiques mais juste de normes de comportement, recommandées aux acteurs du droit. Il est aussi un des champs d'application anticipatoire du principe de prévention et du principe de précaution ainsi que des notions d'études d'impact, de mesures conservatoires, mesures compensatoires et responsabilité environnementale ou de remboursement de dette écologique. Il questionne et il est questionné par l'éthique environnementale, le droit à la santé (santé environnementale) et le droit émergent des générations futures.
 
La problématique de la nécessaire mise en œuvre d'un droit international de l'environnement s'est cristallisée dès les années 1990, autour du sommet de Rio et de ses conventions et déclarations internationales. En effet, dans le domaine de l'environnement, l'engagement des États et collectivités est complexe et dépend d'un grand nombre de paramètres que le droit international devrait pouvoir prévoir ou encadrer.
Tout ceci est très compliqué et se traduit fréquemment par l’inaction et l’impuissance étatique et celle des divers
acteurs concernés.
De même que dans certains pays, il existe des mesures de protection à l’égard des citoyens, par exemple à propos de
l’amiante et du plomb, de même que dans des entreprises, il existe un droit d’alerte contre les risques technologiques et sécuritaires, il faudrait l’obtention d’un droit d’alerte citoyen contre la pollution, déclenchant des dispositions par la représentation étatique.
Ainsi par exemple, dans un pays comme la France : dans certaines situations définies juridiquement, les citoyens
pourraient exiger un droit citoyen du devoir d’intervention du représentant de l’Etat  dans le département, etc. Celui-ci par l’intermédiaire des collectivités locales devrait mettre en œuvre des mesures de protection des citoyennes et citoyens, la fourniture d’assistance : soins et médicaments !
 
Sinon : cette non-assistance  serait à assimiler à la non-assistance à personne en danger, voire dans certaines situations particulièrement dangereuses, à la classification de crime de santé publique comme il existe un crime contre l’humanité pour certains criminels, et il reviendrait au pouvoir législatif de légiférer pour définir l’instance juridique apte  à formuler ce type de jugement.
Certes, ce que je suggère est exigeant, même draconien, sévère, mais c’est un grave problème de santé publique qui
est posé.
Doit-on attendre des catastrophes, des milliers de morts pour agir ?
Le respect de la dignité de l’existence de chaque citoyenne et citoyen relève de l’éthique de celles et ceux qui ont reçu un mandat électif par le peuple !
 
Ce type de dispositions certes contraignantes, peut décider les Etats non pas seulement en intentions et paroles, mais en actes pour faire de l’écologie politique un devoir ! Assurer la protection citoyenne et enfin laisser une planète vivable, respirable aux générations futures.
Allons-nous assister impuissants : à la fonte des glaciers, l’élévation du niveau des mers et océans = (lesquels ont
augmenté déjà de 3 centimètres en certains lieux ; mettant en danger l’existence des populations entières) avec la perturbation des marées, avec les conséquences sur l’environnement, animal, végétal, minéral !
Je ne suis pas un climatologue, je peux exprimer des erreurs sur certains chiffres, les dits experts, eux-mêmes,
débattent, se contestent certains propos.
Cependant, lorsqu’il est question du sens de l’existence = l’écrivain à finalité philosophique ne peut rester muet.
 
 
© Guy CREQUIE
Ecrivain français, observateur social
Blog : http://guycrequie.blogspot.com
 
 
Pour compléter son info :
 
Regard sur les Philippines
http://actualutte.com/regard-sur-les-philippines/
"Les désastreux impacts du typhon Haiyan aux Philippines ont envoyé  un grand coup de projecteur sur ce pays discret logé au cœur du  sud-est de l’Asie. Discret, car bien que dynamique ce pays ne peut être comparé culturellement à ses plus proches voisins, Malaisie et Indonésie. Il est bien parsemé de plages  paradisiaques et la réputation des tensions ethniques, religieuses et  terroristes même au sud du pays sur l’île de Mindanao, avec le groupe Abu sayef,  n’est plus à faire. Mais que dire encore ? .../... L’  histoire de ce pays a encore des impacts très forts dans leur culture  actuelle. En effet, si l’histoire de nombreux européens est marquée par  des mouvements de citoyens qui ont façonné profondément leur système  politique, les Philippines se sont construites sous la pression d’autres nations qui leur ont interdit le simple droit à  une identité propre décidée par des citoyens libres selon leur choix. Ceci  a encore de nombreuses conséquences dans la société Philippines, faite  de résistance passive, de silence, d’un manque de communication même au  sein de la famille malgré une apparence ouverte, gaie et très occidentalisée."
 
A quand Biarritz sous les eaux ?
http://www.bizimugi.eu/fr/a-quand-biarritz-sous-les-eaux/
"24 juillet 2009, une des premières actions de Bizi : les activistes montent sur le Rocher de la Vierge et installent un masque et un tuba à la Vierge et au petit Jésus. Des banderoles sortent “A quand Biarritz sous les eaux ?”. Un tract distribué aux passants alerte sur les conséquences du changement climatique en cours et parle du sommet de Copenhague qui doit se tenir 6 mois plus tard. Le message est bien reçu et les réactions largement positives.
.../.... 4 ans et demi après, ce mercredi 8 janvier 2014, un éditorial -dont nous vous conseillons fortement la lecture du quotidien Sud-Ouest au sujet des évènements dramatiques qui viennent de se dérouler à Biarritz s’intitule : La mer monte et on regarde ailleurs
".








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Article 9

Envoi par Yvette VASSEUR : http://yzarts.over-blog.com/






photo de l'entrée du camp de déportation d' Auschwitz


photo de l'entrée de Wall-Street avec banière des USA


FAUDRA-T-IL
 
?
 
 
Faudra-t-il qu’on oublie
 
Puisqu’ils sont dans la tombe
 
Et ne sont plus d’ici
 
A dire avec leurs mains qui tremblent
 
Et leurs yeux de brouillard
 
Leurs maux si durs en balafre de mémoire
 
*
 
Faudra-t-il qu’on oublie
 
Demain et qu’on se laisse perdre
 
Aux paroles sans âme de nos économistes
 
Qui par ailleurs stigmatisent le racisme
 
Mais glissent doucement vers des erreurs fatales
 
Et qui ressemblent tant aux solutions finales
 
*
 
Faudra-t-il qu’on oublie
 
Comment c’est arrivé
 
Faudra-t-il ignorer
 
Faudra-t-il qu’on se plie
 
Aux exigences du tout économique
 
De cette impérieuse tyrannique
 
Qu’est l’Economie mondiale
 
Jusqu’à l’horreur fatale
 
Des solutions finales
 
*
 
Que tout ce qui est surnuméraire
 
Se retrouve six pieds sous terre
 
Que tout ce qui n’est pas productif
 
Soit traqué mort ou vif
 
Vers l’Eden des « Soleil vert »
 
Pour nourrir cet enfer
 
Que sera devenue la Terre
!
 
 
Ecrit le 17/01/2014
après avoir lu les paroles « scabreuses » de Jacques Attali.
 
Yvette VASSEUR
 

Une petite idée de la "chose" évoquée, par là, par exemple :
 
Rapport à François Hollande: les 45 mesures de Jacques Attali pour changer d’économie
http://www.youphil.com/fr/article/06869-rapport-attali-45-propositions-economie-positive-francois-hollande?ypcli=ano
"Le Président de la République lui avait demandé il y a an. Jacques Attali lui a rendu le 21 septembre des préconisations sur l’économie de demain. Média observateur des nouvelles solidarités depuis près de 5 ans, Youphil.com a participé à la rédaction de ce rapport. Inventer l’économie post-crise, une économie de solutions, une économie positive. C’est l’objectif du rapport qui vient d’être rendu ce samedi 21 septembre par l’économiste Jacques Attali à François Hollande. À l’origine, un objectif: transformer les contraintes écologiques et sociales en leviers pour "redresser notre pays avec la perspective d'un nouveau modèle de développement".
 
[Par Jean Gadrey] : Attali, du positif au négatif et au nul
http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/09/30/attali-du-positif-au-negatif-et-au-nul/
"Pas si facile de porter un regard critique faisant la part du positif, du négatif ou du nul, dans le rapport de Jacques Attali sur « l’économie positive ». Mon ami Jean-Marie Harribey a dégainé vite et fort sur son blog. Je partage largement ses critiques, appuyées sur des citations très significatives du rapport. Mais il n’y a peut-être pas que cela à retenir. Je complète donc à ma façon."
 
Economie positive : les propositions du rapport Attali
 * (avec téléchargement gratuit du rapport intégral)
http://www.sudoccitanie.eu/fr/articles/chroniques-et-valeurs-publiees/economie-positive-les-propositions-du-rapport-attali,500
 
 
Pour une "piqûre" de rappel ! Voir ceci :
 
La Commission Attali recommande des «économies» et non des hausses d'impôt
La Commission Attali prône une «cure d'austérité» pour la France

http://resume.liberation.fr/_economie/commission-croissance-jacques-attali.html
 
Le rapport Attali ou comment relancer la croissance en France
http://www.eurofound.europa.eu/eiro/2008/03/articles/fr0803039i_fr.htm
 
Jacques Attali ou Docteur Folamour !
http://www.geopolintel.fr/article695.html
"Attali, Docteur Folamour ? C’est Danielle Mitterrand qui le dit, son credo est la dérégulation, il propose aussi du microcrédit aux enfants du tiers monde et consulte chaque mois un maître. Pourquoi cet homme a-t-il été sollicité pour écrire le rapport de la libération de la croissance française et réformer la société ainsi que l’Etat Français ? Rappelons aussi que Jacques Attali déclarait que nous avions trop de pouvoir d’achat (sic). Finalement Danielle
Mitterrand, contrairement à son mari, avait de la clairvoyance envers cet homme."









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Dernière modification : 05.03.14, 14:33:31